"Manières d'être vivant"

Ollioules / Châteauvallon

Du mardi 21 juillet 2026 au mercredi 22 juillet 2026


Genre : Théâtre contemporain
Salle : 795 Chem. de Chateauvallon, 83190 Ollioules
Prix : 25.00€

Dans le Vercors, un groupe de randonneur·euses scrute les oiseaux en route pour l’Afrique. Elles et ils comptent les hirondelles, les passereaux, les mésanges en s’émerveillant de leur beauté avant de partir sur les traces de l’habitant le plus légendaire des montagnes : le loup. Une fois la nuit tombée, un hurlement se fait entendre. L’animal cherche-t-il à entrer en contact ? Avec pour seul décor la nature, six interprètes mènent l’enquête. En tant qu’Humain, comment peut-on explorer l’environnement qu’habite le loup ? Comment s’adapter à ce monde sauvage ? Comment tisser une relation avec cet être vivant ? Alternant actions et réflexions, les comédiennes et les comédiens transforment progressivement la scène en un vaste terrain philosophique. Toutes et tous nous emportent dans un tourbillon d’idées, dans une cascade de métaphores qui redéfinissent ce que « vivre » veut dire.

Dès 20h, un repas convivial et une installation sonore proposés par la compagnie vous attendent sous la pinède.

Générique
D’après Baptiste Morizot
Conception, écriture et mise en scène Clara Hédouin
Co-écriture et dramaturgie Romain de Becdelièvre
Texte publié aux éditions Actes Sud
Avec Baptiste Drouillac, Adrien Guiraud, Manon Hugny, Maxime Le Gac- Olanié, (distribution en cours)
Assistanat à la mise en scène Jaomin Vasseur
Collaboration plateau et dramaturgie Estelle Zhong Mengual
Collaboration plateau Éric Didry
Création lumières Elsa Revol
Création son Emmanuel Coursin
Scénographie Arthur Guespin
Costumes Clara Hubert
Régie générale André Néri

Production Manger le soleil
Coproduction Théâtre National Populaire / Nest Théâtre – Centre Dramatique National transfrontalier de Thionville-Grand Est / La Criée – Théâtre National de Marseille / Théâtre + Cinéma Scène nationale Grand Narbonne / Théâtre La passerelle – Scène nationale de Gap ; L’Estive, Scène Nationale de Foix et de l’Ariège / Bonlieu Scène nationale Annecy / Châteauvallon-Liberté, scène nationale / L’Usine, Cnarep Tournefeuille / Centre National de la Danse Pantin (en cours)…
Avec la participation artistique du Jeune théâtre national & avec le soutien du Fonds d’Insertion pour Jeunes Comédiens de l’ESAD – PSPBB
Résidence d’écriture Association Sur le sentier des Lauzes, Vallée de la Drobie et Ferme De Villefavard en Limousin, Centre culturel de rencontre
Accueil en résidence Le Channel, Scène nationale de Calais ; MC93 – Maison de la Culture de Seine-Saint-Denis à Bobigny ; le CENTQUATRE-PARIS
Manger le soleil bénéficie du soutien du Ministère de la Culture (DRAC Auvergne-Rhône-Alpes) au titre de l’aide à la création de la DGCA et au titre de l’aide aux compagnies conventionnées

Photos © Christophe Raynaud de Lage
Texte © Vanessa Asse

Note d'intention
Mettre en scène la pensée
C’est l’un des premiers défis de ce travail. Manières d’être vivant n’est ni un roman, ni un texte guidé par une trame narrative. C’est un livre où les idées buissonnent avec leur logique propre, sans chronologie, fabriquant une expérience de lecture singulière, où l’on va de surprise en surprise, et où peu à peu, nos corps, nos vies, et le monde se découvrent autrement. C’est un livre de philosophie.
Mais on n’a rien dit quand on dit le mot « philosophie ». Car Manières n’est pas non plus un simple « essai », où la pensée se déploie, autonome, détachée de l’expérience. C’est tout le contraire. Il y a dans ce livre, des paysages, des expériences, et des idées qui leur donnent une autre dimension. Une dimension de plus. Il y a aussi dans ce livre quelque chose de la quête amoureuse de l’Autre qui court, quête qui reste en un sens inassouvie, puisque ces « Autres », les non-Humains, demeurent presque toujours insaisissables ou invisibles, et que leur mystère augmente à mesure qu’on s’intéresse à eux, à leur « manière d’être vivant », à mesure qu’on comprend leur singulière intelligence, ou leur finesse comportementale. Plus on avance dans l’enquête, (car il y a bien toujours une enquête, et une enquête menée sur le terrain, dans la neige, dans la forêt, dans les rivières), moins on les voit, mais moins on est seuls aussi. La vie, le monde se repeuplent autrement. Mystérieusement. Au fil de cette quête, et enquête, il y a donc certains moments où le monde se révèle tout autre que celui qu’on a l’habitude de voir, et ce sont ces moments-là qui m’intéressent le plus : le moment où l’on découvre que les laissées des loups ont une fonction géo-politique, le moment où l’on comprend que nos gestes les plus « humains » (comme le fait de prendre quelqu’un dans ses bras par exemple) est une possibilité d’expression de l’amour permise par notre corps de bipède, où l’on comprend que nos émotions les plus « spirituelles » (comme celle que peut déclencher la vue d’un coucher de soleil) sont elles aussi animales, héritages de notre passé de primate frugivore amoureux des ocres et des rouges qui colorent les fruits autant que le ciel qui mûrit chaque soir, ces moments où l’on réalise enfin que nous sommes tissés à d’autres et que ce sont ces tissages qui rendent possible non seulement le fait d’être en vie, mais aussi notre liberté, nos désirs, nos luttes, nos quêtes, tout. Bref, ces moments où tout d’un coup, les cartes de « qui nous sommes » sont rebattues, et où le trouble s’installe. Ce sont ces troubles, ces vertiges, qui m’attirent. C’est pour les partager avec les spectateurs que je monte ce spectacle.

Des détectives sauvages
Il y a donc un enjeu à rendre la pensée « indispensable ». Dramaturgiquement, visuellement, matériellement. Pour cela, il faut que l’expérience qui la fasse naître soit restituée (par le récit ou par l’action) avec toute la densité d’un mystère à résoudre, d’une énigme à dénouer. Il faut réussir à emprunter la « voie » de Baptiste lui-même, (comme lorsqu’on piste un animal) pour qui « écrire » et « penser » sont une seule et même chose – une chose vitale. Ainsi, les interprètes seront à la fois des enquêteurs et enquêtrices du monde vivant, retraçant les expériences mêmes dont l’auteur nous fait part, et des pisteurs et pisteuses d’idées. Ils et elles se partageront les différentes voix intérieures du livre, comme s’il fallait refaire émerger au présent les idées qui permettent de l’écrire. Ils passeront ainsi régulièrement de la reconstitution de l’expérience, ou du récit qui permet de la convoquer au plateau, à son interprétation en tant qu’énigme. Ils s’efforceront d’élucider, de trouver, de définir précisément ce qu’il s’est passé ce soir-là dans la neige, cet autre jour au « Col de la bataille », ou cette autre fois dans la forêt. Et « penser » sera leur épopée.

Dedans / Dehors : un dialogue
Mettre en scène l’invisible : la pensée d’un côté, le monde vivant de l’autre. Cette quête théâtrale a relancé un questionnement sur le lieu. Car continuer à travailler dehors, à explorer ce qu’un théâtre « dans la nature » peut signifier et impliquer, avec ce texte, me semblait à première vue évident, et nécessaire. Mais laisser la place à la pensée, réussir à matérialiser de façon visuelle et poétique des idées philosophiques, cela, la boîte noire avait peut-être plus de ressources pour le faire. Alors que choisir ? D’un côté la présence pleine d’un milieu naturel habité par des milliers de vivants pour dialoguer avec le texte de Morizot, de l’autre, un espace vide à faire résonner : nos théâtres, nos boîtes noires. Dans un cas : une danse avec les présences sensibles et vivantes d’un milieu.
Dans l’autre : une danse avec l’obscurité du théâtre, avec le manque et l’absence. Utiliser à plein les puissances visibles du dehors, ou utiliser à plein les puissances d’une boîte noire, c’est-à-dire de l’invisible ? J’ai décidé de ne pas choisir. Car ce double défi m’intéresse. Il permet d’intégrer l’espace architectural traditionnellement dévolu au théâtre à mes questionnements, comme un espace « vide » à hanter, à peupler et repeupler de vivants non-humains. Il intègre aussi cette relation au lieu dans la recherche plus large qui m’occupe depuis quelques années sur la façon dont le monde vivant peut s’inviter dans nos formes théâtrales. Enfin, cette double création permet de faire dialoguer une pratique avec une autre, le dedans avec le dehors, et de continuer à se demander ce que les espaces changent à la dramaturgie et à la conception d’un projet comme celui-ci. Les résidences se feront donc en alternance : tantôt en intérieur, tantôt en extérieur. Ainsi, le spectacle sera peut-être composé d’éléments qui varieront, et peut-être que certaines scènes n’existeront que dehors, d’autres que dedans. Cette création aura, en tous cas, deux visages. Elle se dédoublera en deux expériences différentes, dont, je l’espère, émergeront, sinon des réponses, au moins de nouvelles réflexions théâtrales.

La nuit : un milieu immersif
Mais surtout, j’aimerais explorer une dimension du dehors encore jamais véritablement travaillée dans mes projets précédents (ni dans les Trois Mousquetaires, ni dans les adaptations de Giono), une dimension qui fait trait-d’union avec la salle : la nuit. Je voudrais penser la nuit comme une actrice de plus : qui agit sur le jeu, sur le son, et avec laquelle la lumière travaille. Celle-ci aura donc une fonction toujours double : concrète et métaphorique. Car en effet, au fil de l’enquête, les personnages éclairent des pans du monde, même si l’obscurité ne cesse de grandir à mesure qu’on la sonde. De même, les corps humains ne se découvriront pas toujours, ils ne seront parfois visibles qu’en partie, (seulement les pieds et les jambes par exemple, parce que les acteurs pisteraient à la lampe de poche et chercheraient des empreintes au sol…), renforçant l’interrogation sur leur propre statut : qui sont ces animaux qui nous parlent ? Il s’agit d’« étrangéiser » les corps et d’approfondir la dimension mystérieuse du texte, et de s’aider pour cela de tout ce que la nuit (dans la nature et potentiellement aussi en salle) crée sur nous : elle altère nos perceptions, elle aiguise les sensations, elle nous met à l’affut. C’est ce type d’attention qui m’intéresse. Je voudrais pour cela que le public soit conduit à un point de rdv précis (un parking près d’une forêt par exemple) puis emmené sur le lieu de jeu à la frontale, ou bien à la tombée du jour. Ce lieu serait à 15 minutes de marche, loin des lumières et des sons de la ville…propice à nous faire entrer dans une autre atmosphère : un milieu où les présences humaines pourraient bel et bien être minoritaires…

Clara Hédouin
Conception, écriture et mise en scène

Lieu

Châteauvallon

Altiplano

Accessibilité

Pour toutes et tous

dès 12 ans

Navette

→ Consulter les horaires et les arrêts

Durée

2h
Dates

mardi 21 juillet 2026

21:00

mercredi 22 juillet 2026

21:00

Tarif Noctambule

Plein tarif

25 €

Tarif adulte avec la carte Châteauvallon-Liberté

20 €

Tarif partenaire (CE et Associations culturelles partenaires)

20 €

Tarif - 30 ans

10 €

Tarif - 18 ans

5 €

Tarif solidaire

5 €

Tarif solidaire famille adulte

10 €

Tarif solidaire famille enfant

5 €