A priori (France 3) - Florent Manaudou décroche son premier grand rôle : "J’avais peur du syndrome de l’imposteur"

Rédigé le 31/03/2026
Amandine Scherer

Florent Manaudou acteur, c’est une sacrée surprise !

Florent Manaudou : Je suis quelqu’un de très curieux. J’avais déjà participé à quelques films ( Astérix et Obélix : L’Empire du Milieu ) et à des fictions (Section de recherches, Vestiaires), mais jamais à un projet de cette ampleur. Quand Benoît Masocco, le créateur de la série, m’a appelé pour faire des essais, j’ai immédiatement été très stressé. La comédie est un exercice qui me plaît autant qu’il m’angoisse. Mais j’avais depuis longtemps cette envie sourde de tourner. Je ne pouvais pas manquer cette opportunité. Je n’ai jamais forcé le destin : j’attendais simplement qu’une porte s’entrouvre. Je n’ai fait que la pousser. J’espère que les téléspectateurs ne me trouveront pas trop mauvais.

Parlez-nous de Jim, votre personnage.

C’est un flic originaire du Sud qui a longtemps travaillé à Paris. Un homme libre, au passé un peu débridé, qui décide de revenir « au pays » pour retrouver ses amis, le soleil et, peut-être, l’amour.

Comment se préparer quand on a très peu d’expérience du jeu ?

J’ai travaillé avec une coach, à ma demande. Ce n’était pas tant pour être bon ou m’améliorer — je savais très bien que j’avais moins d’expérience que les autres comédiens — mais plutôt pour ne pas les mettre en difficulté. Face à un mauvais partenaire, il est compliqué de bien jouer. Je voulais avant tout être juste.

Comment s’est passé ce premier tournage ?

J’étais très stressé. Il m’a fallu faire confiance aux équipes, à Benoît, à Lucia Passaniti, qui joue ma partenaire Iris, et à tous les autres comédiens. Petit à petit, je me suis senti plus apaisé.

Jim est charmeur, « armé » d’humour et de second degré. Comme vous ?

Disons que j’ai mis beaucoup de moi dans ce personnage. C’est assez naturel : j’ai un côté séducteur. Pour l’humour, il faudrait demander à ma famille et à mes amis !

Justement, comment votre entourage a-t-il réagi à cette nouvelle aventure ?

Ils ont l’habitude que je leur annonce des projets très différents les uns des autres. Ils ont surtout hâte de voir les épisodes. Ils sont heureux de me voir me lancer dans des aventures qui me tiennent à cœur.

Aviez-vous peur des a priori des équipes sur votre participation ?

Avant le début du tournage, j’ai su que tout le monde était content de m’accueillir. Ça m’a rassuré, car j’ai forcément le syndrome de l’imposteur. Je ne voulais pas donner l’impression de prendre la place d’un comédien. J’avais simplement envie de bien m’entendre avec l’équipe. Je sais aussi que Bruno Salomone était formidable dans la saison 1. Il ne s’agissait pas de le remplacer, mais d’apporter quelque chose de nouveau. Je suis arrivé humblement et j’ai beaucoup appris des autres. Certains me trouveront peut-être très bon, d’autres moins… J’ai déjà vécu cela dans d’autres projets, donc j’ai appris à prendre du recul.

Qu’est-ce qu’on découvre quand on arrive pour la première fois sur un plateau ?

Que c’est très long ! (Rires). Nous avons tourné pendant dix semaines, avec une pause au milieu. On met sa vie personnelle entre parenthèses. Il faut aussi s’habituer à toute la technique. Je me souviens d’une phrase de Lucia : « Pour être un bon comédien, il faut savoir se concentrer aussi vite que se déconcentrer. » Sur des journées de dix heures, il faut savoir faire des pauses pour mieux repartir. J’étais très attentif à ses conseils. Dans le sport comme dans la comédie, j’ai besoin qu’on me dise la vérité pour progresser, même si ce n’est pas toujours facile à entendre.

Qu’avez-vous retenu de cette expérience ?

J’ai découvert que j’aimais vraiment jouer la comédie. Peut-être qu’il y aura d’autres occasions… Comme beaucoup d’acteurs, j’aimerais un jour interpréter un rôle à contre-emploi. Pourquoi pas un super-vilain !

Votre participation à Danse avec les stars vous a-t-elle aidé pour ce rôle ?

Je tire quelque chose de chacun de mes projets. Dans Danse avec les stars, j’ai beaucoup souffert sur le plan technique. Mais le fait d’interpréter des personnages à travers la danse m’a aidé pour jouer la comédie dans la série.

Vous êtes récemment revenu sur le plateau de TF1 pour soutenir votre sœur Laure, candidate cette saison. Quel regard portez-vous sur ses prestations ?

Chaque semaine, elle m’émeut aux larmes. Je suis quelqu’un de très sensible, ce n’est pas difficile de me faire pleurer (sourire). La voir s’ouvrir après des années passées loin des médias me touche énormément.

L’exigence du sport de haut niveau rend-elle le reste plus facile ?

Pas forcément. L’eau, c’est mon élément. J’ai travaillé près de trente ans pour arriver là où j’en suis. Être parachuté comme acteur dans un projet comme celui-ci, c’est repartir de zéro. Jouer la comédie n’est pas plus facile que nager. Mais j’aime sortir de ma zone de confort. Après cette expérience, je me sens grandi.

Quelle est la suite pour vous ?

J’ai la chance d’avoir le temps et la liberté financière de faire ce qui m’anime. Je prépare un documentaire sur mes dix-huit mois de préparation avant les Jeux olympiques. Il devrait sortir avant l’été sur une plateforme.

Il ne vous reste plus qu’à vous lancer dans la musique !

J’ai toujours rêvé d’être une rockstar, mais je crois que c’est un peu tard. Je joue un peu de guitare, mais je ne chanterai pas, ça, c’est sûr !

Pensez-vous ressentir un jour les mêmes émotions qu’aux Jeux olympiques de Paris 2024 ?

Ce sera difficile… Participer à un tel événement, en France, porté par le public, c’est quelque chose d’extrêmement intense.

À Priori, mardi 31 mars à 21h10 sur France 3