Dalloway (Canal+) - Cécile de France évoque sa collaboration avec Mylène Farmer : "C’est une grande actrice"

Rédigé le 28/04/2026
Julien Barcilon

L’emprise de l’intelligence artificielle sur nos vies est au cœur de ce thriller vertigineux. Quel est votre regard sur l’IA ?

Cécile de France : Instinctivement, je ne suis pas très à l’aise avec cette technologie. J’ai conscience que c’est un super outil. Du coup, je me suis documentée. Et j’ai lu plein de choses pessimistes sur le sujet. Plutôt que d’avoir peur, je me suis interrogée sur ce qui pourrait m’amener vers une attitude constructive. Mes lectures m’ont apporté des réponses. Je crois qu’il faut tout simplement exiger des lois pour pénaliser les dirigeants de la tech s’ils ne se mettent pas en conformité avec une série de règles éthiques basées sur le respect des droits humains, la protection des travailleurs, des artistes, notamment, mais aussi des droits environnementaux, puisque c’est une invention très polluante, énergivore et aquavore. Il faut exiger une transparence des entreprises et un contrôle des États.

Pour vous, il y a donc un avant et un après Dalloway ?

Totalement. Avant, comme beaucoup, j’étais dans une sorte de déni. S’informer aide à se forger une attitude active et éclairée.

Vous êtes plutôt réticente à révéler les secrets de fabrication de vos rôles : ici, vous jouez seule la majorité du temps…

Je ne me suis pas du tout sentie seule, j’étais très connectée au réalisateur, Yann Gozlan, à ma maquilleuse aussi, avec laquelle on a travaillé sur l’évolution physique de Clarissa qui, petit à petit, se vide de son âme. Et puis j’avais Mylène Farmer dans une oreillette, puisqu’elle prête sa voix à l’ordinateur Dalloway. J’ai eu la chance de la rencontrer avant le tournage pour préenregistrer ses répliques. C’est sa voix qui me donnait le la. C’est quelqu’un de très gentil, adorable et bienveillant. J’avais donc avec moi cette présence amicale et intime, qui rejoignait celle que mon personnage tisse avec son assistant conversationnel, mais en positif ! J’étais très concentrée, je parlais à un mur ! C’est notre travail d’avoir de l’imagination. Jouer, ce n’est que ça.

Mylène Farmer est la quintessence de la star et vous, Cécile, vous êtes – l’expression revient souvent – une antistar…

Nous sommes justes deux êtres humains, avec cette capacité de créer un lien émotionnel de manière spontanée. Nous nous sommes vraiment très bien entendues. C’est une grande actrice, d’une précision incroyable. Elle a été très généreuse.

Vous venez d’avoir 50 ans : qu’avez-vous envie de jouer dans les dix prochaines années ?

De nouveaux rôles avec ce nouvel âge. Cela m’excite d’entrer dans la cinquantaine, pour raconter d’autres vies de femmes. Je suis une actrice ultra-privilégiée, il y a toujours un projet qui me donne envie. Chaque matin, je me dis que j’ai eu une chance incroyable d’être accueillie en France, en tant que Belge, et que des cinéastes formidables m’aient offert tous ces rôles. En plus, les mentalités changent. Lorsque j’ai débuté, je jouais la copine de, la confidente de, la femme de, la maîtresse de… Aujourd’hui, on assiste à une prise de conscience de l’égalité des rôles entre homme et femme. D’en profiter, c’est une chance supplémentaire.

Dalloway, mardi 28 avril à 21h10 sur Canal+