La série Privilèges pose cette question intéressante : jusqu’où iriez-vous pour survivre dans un monde où tous les coups sont permis ?
Melvil Poupaud Pour moi, c’est la description même d’un marécage. J’ai une vision d’eaux boueuses. Au Citadel, tout est très luxueux en apparence, avec ces gens bien habillés, ce directeur que j’incarne, qui présente bien, qui sourit, mais dès qu’on passe en " coulisses ", c’est le chaos. Les gens y sont malfaisants, il n’est question que d’ambition, de coups fourrés, de méthodes quasi mafieuses. C’est cette ambivalence qui m’a séduit.
C’est rare que vous vous retrouviez face à une jeune comédienne qui vous tient tête comme le fait Manon Bresch dans le rôle d’Adèle, embauchée au Citadel. Est-ce plaisant ?
Non ! (Rires). Les auteurs, Marie Monge et Vladimir de Fontenay, ont mis du temps à "trouver" Adèle. Manon a tout ce qu’on attendait d’elle : l’ambition et l’envie de s’investir à fond dans un rôle. Quatre mois de tournage, ce n’est pas rien. Il faut avoir les épaules solides, surtout qu’elle a fait ses propres cascades. C’est ce qui apporte une dimension quasi hollywoodienne à la série.
Apparences (HBO Max) : l'inspiration de Melvil Poupaud
Vous êtes arrivé sur le projet avec une référence en tête : Casino, de Martin Scorsese.
C’est vrai. J’avais ce fantasme de jouer le voyou, le gangster qui "présenterait" bien. Très vite, j’ai pensé à Casino parce que le film se déroule dans un milieu mafieux et que De Niro y incarne le directeur de l’établissement. Il essaie de se comporter comme il faut, mais à l’intérieur de lui, ça bouillonne. Pour Privilèges, nous avons accentué le côté sombre, déglingué et violent de mon personnage, à tel point que, par moments, je me disais qu’il pourrait très bien avoir un pistolet dans son costard.
Vous avez beaucoup tourné depuis vos débuts et pourtant, vous donnez la sensation de vous effacer derrière vos personnages à chaque fois…
Je viens de l’école de la discrétion. Plus jeune, j’étais fasciné par les acteurs dont on ne savait pas grand-chose et qu’on avait l’impression de redécouvrir de film en film : Michel Piccoli, Marcello Mastroianni… Pour continuer à faire « fantasmer » les réalisateurs, c’est important que je reste en dehors du star-system. C’est mon petit "calcul" à moi.
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