Quelqu’un devrait interdire les dimanches après-midi….(Arte) - Que nous réserve la série d'Isabel Coixtet ?

Rédigé le 19/03/2026
Frédérick Rapilly

«  Il y a quelques années, explique la réalisatrice espagnole Isabel Coixtet, mon agent américain m’a proposé de réaliser Emily in Paris. Enthousiaste, je me suis plongée dans le manuscrit et il m’est tombé des mains. C’était le Paris « manucuré » des visites guidées express avec bateaux-mouches. Le Paris que j’aime, ce n’est pas forcément l’historique, mais celui du cinéma et de la littérature.  » C’est en refusant donc Emily in Paris que, paradoxalement, Isabel a eu l’idée de Quelqu’un devrait interdire les dimanches après-midi . Une série quasi alternative qui se propose de suivre les amours, les déboires et les questionnements existentiels d’un trio de jeunes gens dans la capitale, installés dans un appartement que l’on devine se situer près du canal Saint-Martin, rive droite.

Il y a Louise (Liv Henneguier, vue dans la série  Sambre et le film Les Amandiers), une apprentie réalisatrice débarquant de province à Paris pour suivre un cours avec un grand scénariste américain incarné par Tim Robbins , et rêvant de faire un film sur les amours platoniques de Françoise Hardy et du musicien et poète anglais,  Nick Drake . Il y a Charlie (Clara Bretheau, découverte aussi dans Les Amandiers), une enfant gâtée assez antipathique au départ, se déplaçant sur un vélo de course, fille d’Alix, une galeriste parisienne jouée par Jeanne Balibar . Et enfin, le dernier larron du trio… Il s’agit de Nelson (joué par Theo Christine, qui incarnait JoeyStarr dans le film Suprêmes ). Un jeune homme discret, séduisant, qui est à la fois le meilleur ami de Charlie et l’amant secret d’Alix, sa mère.

Les amours de Françoise Hardy et Nick Drake

Louise, Charlie et Nelson cohabitent dans un appartement parisien assez spacieux mais décati, avec un quatrième compagnon : un hérisson baptisé Christine. La seule règle de cette colocation ? Regarder tous ensemble, chaque dimanche après-midi, un film dit « triste », et de préférence en noir et blanc.

Avec ce dispositif, la réalisatrice Isabel Coixtet (The Secret Life of Words, Lovers, The Bookshop, Foodie Love…) raconte en 8 épisodes de 30 minutes chacun, un Paris romantique et fantasmé, loin de celui de la clinquante série Emily in Paris , mais véhiculant aussi son lot de clichés. «  Depuis des années, j’ai en tête cette idée d’une jeune cinéaste qui veut raconter l’histoire d’amour entre Françoise Hardy et le musicien britannique Nick Drake. Elle n’a jamais existé, mais ils se sont rencontrés quatre fois à Paris. Quand Éric Rochant (Un Monde Sans Pitié, Le Bureau des Légendes) m’a demandé si j’avais un projet en France, je lui ai parlé de cette trame. C’est comme ça que j’ai commencé à écrire la série autour du personnage de Louise, interprétée par Liv Henneguier, qui vit la vie rêvée que je n’ai pas eue. Comme elle, j’ai été étudiante à Paris, à la Sorbonne… Mais seule et fauchée, je n’ai connu ni colocation ni débats passionnés sur le cinéma ou la littérature ! »  

Quelqu’un devrait interdire les dimanches après-midi…. jeudi 19 mars à 20.55 sur Arte