Quel cadeau ce personnage de Giulia, une femme traumatisée par la mort brutale de son mari, David (Alexis Michalik), survenue des années plus tôt…
Sofia Essaïdi Oui. C’est justement le trajet de ce personnage que j’ai trouvé intéressant. Au départ, c’est une femme brisée, coincée dans son passé et dans sa douleur. Je trouvais ça beau de raconter qu’on peut ne pas arriver à avancer et que c’est ok. J’avais envie d’aller éprouver tout ça. Il s’agissait de votre premier tournage après la naissance de votre fils, en 2024.
Cet événement a-t-il influencé votre façon d’aborder votre personnage, qui est maman ?
Évidemment ! Ma maternité influence désormais tous mes projets, tant elle change la vision que l’on a de la vie. Mon fils était tout petit au moment du tournage. Pour moi qui fais naturellement des ponts entre ma vie privée et mes rôles, ce n’était pas toujours évident d’aller ressentir certaines douleurs de mon personnage. De manière générale, ce tournage a été très particulier pour moi, car il s’agissait aussi de la première fois que je quittais la maison, après avoir eu la chance inouïe de faire une pause d’un an pour rester avec mon bébé. J’y ai cherché ma place entre la maman et l’actrice, deux identités qui sont très importantes pour moi. Très honnêtement, je ne l’ai pas encore tout à fait trouvée. Mais je pense que les femmes qui choisissent de retourner au travail et qui s’y sentent bien sont des mamans plus épanouies dans la vie.
" Après Star Academy, la musique a pris énormément de place dans ma vie "
Le désir d’être actrice était-il déjà présent lors de vos débuts à Star Academy, en 2003 ?
Oui, il a toujours été là. Après l’émission, la musique a pris énormément de place dans ma vie. Mais j’étais en lutte dans cet univers. J’ai mis du temps à trouver ma place. À un moment donné, il y a eu l’espace pour que j’exerce ce métier d’actrice. J’ai découvert un épanouissement tellement profond qu’une place s’est faite naturellement. Mais la chanteuse est toujours là. Je suis les deux. Je pense que tout est une question de moment.
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Avez-vous eu peur que l’étiquette de chanteuse court-circuite vos désirs d’actrice ?
Évidemment. Mais je me suis collé cette étiquette toute seule, je n’ai eu besoin de personne ! Très vite, je me suis dit qu’il fallait que l’on me prenne au sérieux. Je pense que les premiers tournages ont été inconsciemment choisis dans ce but précis. Je suis allée vers des rôles où je n’étais pas maquillée, pas coiffée. Des choses un peu dures, parce que j’avais besoin de me défaire de mon image très glamour de chanteuse. De toute façon, quand on a fait Star Ac , je pense qu’on a forcément un besoin de prouver quelque chose, à un moment donné. Parce qu’on arrive très vite, très haut, sans avoir fait grand-chose. C’est le syndrome de l’imposteur. On a envie après de crier : « Vous savez, même si j’ai commencé par là, je suis une artiste ! » J’ai connu ce sentiment dans la musique et la comédie durant toutes les premières années de ma carrière.
Quelle place la musique tient-elle dans votre vie aujourd’hui ?
J’ai pris du recul, parce que j’ai eu besoin de me guérir de certaines blessures... Les premières années dans le métier ont été difficiles. Je me suis beaucoup cherchée, j’étais perdue. Le chemin de la guérison a été long. Comme je n’avais aucune pression, j’ai pris mon temps. Et là, je dois avouer que j’ai bien avancé…
L'interview de Sofia Essaïdi est à lire en intégralité dans le nouveau magazine Télé 7 Jours. Disponible dans les kiosques dès ce lundi 13 avril.