Sœurs et demie (France 2) - Jeanne Bournaud : "Cette histoire n’est ni lisse ni idéalisée"

Rédigé le 08/04/2026
Frédéric Lohézic

Il y a des similitudes entre Anaïs Marchini, que vous incarnez ici, et Hélène Banier, que vous interprétiez dans Le Négociateur, sur TF1, au côté de François-Xavier Demaison…

Jeanne Bournaud Dans la vie, tout arrive peut-être pour une raison. Je dis ça, car si Le Négociateur avait continué ( TF1 a arrêté la série après deux saisons, ndlr), je n’aurais pas pu faire Sœurs et demie . Les tournages se seraient chevauchés, ça n’aurait pas collé. Et, oui, je suis assez d’accord avec vous. Comme Hélène, Anaïs n’est pas très douée pour les rapports humains, l’intime. Elle s’est même sérieusement appliquée à verrouiller tout ça.

Malgré tout, elle se voit confier la garde d’une fillette de 10 ans, sa demi-sœur, dont elle ignorait totalement l’existence, avant le décès de leur père…

Gabrielle est une enfant précoce, avec une capacité de lecture de 660 mots par minute (mpm). Ce don, ses facilités avec Internet, son sens de la déduction sont une aide précieuse pour Anaïs. Elle l’aide à prendre du recul dans une enquête. Et c’est plutôt marrant à voir.

Et plus profond qu’il n’y paraît…

Cette histoire n’est ni lisse ni idéalisée. Ce n’est pas un conte à l’eau de rose. On est en présence de deux personnes qui ne se sont pas choisies du tout et qui vont devoir apprendre, même maladroitement, à faire famille. C’est assez touchant.

Jouer avec une aussi jeune partenaire (Anna Blézo) vous a-t-il déstabilisée ?

Il existait une incertitude. D’autant qu’il s’agissait de son premier tournage. Elle était excellente lors des essais, mais ce n’est pas pareil de passer devant un directeur de casting et de se retrouver tout à coup devant une trentaine de personnes qui, au moment de dire « Action ! », vous regardent, et qu’il faut y aller. Elle a été impressionnante. C’est une jeune fille très sérieuse, une formidable partenaire, qui connaissait son texte au cordeau, car elle travaillait beaucoup, accompagnée d’une super coach. C’était intéressant de la voir aussi investie, surmontant son trac, et aussi particulièrement émouvant.

Autre partenaire, autre génération, en la personne de Claire Nadeau, qui joue Albertine, une voisine un peu fantasque…

J’ai ri quasiment aux larmes, à chacune de ses apparitions. Claire a ce don de faire de n’importe quelle situation un moment de comédie. Presque malgré elle, avec ses mimiques, sa manière de se tenir et de réagir. On voit tout le sous-texte, même quand elle ne dit rien. Elle joue une femme dont on ne sait pas vraiment ce qu’elle a été, mais qui reste toujours très élégante, très chic, alors que le temps a passé. Cela la rend extrêmement touchante. Au final, le téléspectateur est face à trois générations de femmes qui vont se serrer les coudes, tisser un lien. On a envie d’en voir plus. De les voir vivre ensemble, évoluer ensemble, s’affronter aussi.

Voulez-vous dire qu’une suite est envisagée ?

Tout dépendra de l’audience. En tout cas, l’écriture d’un scénario a déjà été commandée.

En attendant, vous retrouverez bientôt Bénédicte Delmas, qui a créé et réalisé cette fiction…

Oui, sur deux nouveaux épisodes de Brigade du fleuve pour France 3 , qu’on va tourner de mai à juillet.