Quel cadeau ce personnage de Giulia, une femme traumatisée par la mort brutale de son mari, David (Alexis Michalik), survenue des années plus tôt…
Sofia Essaïdi. Oui. C’est justement le trajet de ce personnage que j’ai trouvé intéressant. Au départ, c’est une femme brisée, coincée dans son passé et dans sa douleur. Je trouvais ça beau de raconter qu’on peut ne pas arriver à avancer, et que c’est ok. J’avais envie d’aller éprouver tout ça.
Sofia Essaïdi : " Ma maternité influence désormais tous mes projets "
Il s’agit de votre premier tournage après la naissance de votre fils, en 2024. Cet événement a-t-il influencé votre façon d’aborder votre personnage, qui est maman ?
Évidemment ! Ma maternité influence désormais tous mes projets, tant elle change la vision que l’on a de la vie. Mon fils était tout petit au moment du tournage. Pour moi qui fais naturellement des ponts entre ma vie privée et mes rôles, ce n’était pas toujours évident d’aller ressentir certaines douleurs de mon personnage. De manière générale, ce tournage a été très particulier pour moi, car il s’agissait aussi de la première fois que je quittais la maison, après avoir eu la chance inouïe de faire une pause d’un an pour rester avec mon bébé. J’y ai cherché ma place entre la maman et l’actrice, deux identités qui sont très importantes pour moi. Très honnêtement, je ne l’ai pas encore tout à fait trouvée. Mais je pense que les femmes qui choisissent de retourner au travail et qui s’y sentent bien sont des mamans plus épanouies dans la vie.
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La série explore également la place du numérique dans notre quotidien. Êtes-vous hyper connectée ?
Pas du tout ! Cette série m’a confrontée à la réalité du monde dans lequel on vit. Elle montre à quel point il est difficile de se déconnecter. On est tellement habitués à cette profusion de nouvelles technologies, qu’on ne se rend même plus compte qu’il est quasiment impossible de disparaître numériquement.
Sofia Essaïdi bientôt au casting d' Eté 36 , sur TF1
On vous retrouvera prochainement dans la nouvelle série historique de TF1, Été 36, après Les Combattantes, diffusée en 2022…
C’est un registre différent. Avec Les Combattantes , on était dans le tragique, dans l’horreur de la guerre. Dans Été 36 , la toile de fond est beaucoup plus joyeuse, marquée par un sujet particulier : le premier été des congés payés. On a retrouvé cette joie sur le tournage, sous le soleil du Sud de la France. J’espère faire davantage de projets historiques. C’est un cadeau, pour un acteur.
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Vous tournez en moyenne un projet télé par an, deux tout au plus. Pourquoi ce choix ?
Parce que je suis exigeante. Il est vrai que l’on me propose beaucoup de rôles, je suis très chanceuse de ce côté-là. Mais je suis instinctive, j’ai du mal à me lancer si je ne ressens pas une connexion totale avec le scénario. J’ai besoin de vibrer, que le personnage résonne en moi. Ça ne veut pas dire que les projets ne sont pas bons, juste qu’ils ne sont pas faits pour moi. Je ne dis pas que ce sera comme ça toute ma vie. Peut-être qu’un jour, j’aurai envie d’aller vers plus de légèreté.