Les confidences de Mika sur la longévité de son couple : "Le secret, c'est de..."

Rédigé le 17/01/2026
Jérémy Parayre

Votre nouvel album s’appelle Hyperlove, comme la chanson qui l’ouvre. Vous dites qu’il s’agit d’un état émotionnel, d’une philosophie de vie. Qu’est-ce que « l’hyper-amour », alors ?

Mika  La question que je me suis posée, c’est : ' Qu’est-ce que l’amour et où est-il dans ces temps d’hyper-vie ' ? » D’hyperconsommation, d’hyper-information, d’hyper-commercialisation. D’hyper-connexion aussi. Pour moi, fondamentalement, l’amour, l’extase, l’euphorie, l’énergie, c’est un petit peu la pile qu’on a en nous. Et, de temps en temps, on sent moins cette électricité, cette force, cette charge, qui est ce qui nous rend heureux. Sans cette inertie, on s’éteint. Alors, ça vaut la peine, je trouve, de se poser la question. J’ai 42 ans. Je me demande comment je suis, où je me situe dans tout ça. Donc, dès le début de l’album, je me provoque moi-même : ' Est-ce que je peux retrouver en moi cette sensation ? ' Je me pose derrière le piano et je cherche à retrouver cette émotion.

L’album progresse, chanson après chanson, dans cette quête. Et décrit un monde à bout de souffle. Le constat est global ou part-il de vous ?

Des deux, parce que nous sommes des créatures qui sont conditionnées par leur environnement, évidemment. On ressent un manque, et on n’arrive pas à mettre le doigt dessus. Et l’hyperstimulation qui caractérise le monde aujourd’hui nous bouffe et bouffe l’amour. C’est bizarre parce que l’on va penser que je suis un énorme romantique en disant ça, mais non. Quand je parle d’amour, je parle de notre âme en général, notre esprit. Sur Instagram, par exemple, je vois des gens qui montrent chaque détail de leur vie. Tu as l’impression que tout est à vendre, que tout s’achète et que tu as seulement de la valeur si tu es comparable à ce que tu es en train de voir sur les réseaux.

Mika : " Il faut à tout prix éviter que l’amour devienne de la codépendance "

L’album décrit l’amour, mais pas du tout d’une manière idéalisée. Vous êtes en couple depuis vingt ans avec Andy, votre amoureux. C’est quoi, le secret d’un amour qui dure ?

Le secret, c’est justement d’accepter l’imparfait. Et de ne pas laisser l’amour, la relation, devenir une cage. Nous sommes assez "tradi" dans notre vie, dans notre couple. Mais, émotionnellement, tout ça n’est pas une prison. Je pense que pour que ça dure, il faut à tout prix éviter que l’amour devienne de la codépendance.

Si vous gardez votre ADN pop, coloré, théâtral, on sent que vos textes sont beaucoup plus vulnérables. Que vous fendez un peu l’armure…

Aujourd’hui, je suis un peu plus à l’aise avec le fait que c’est OK de le faire. Parce que, who cares ? ('qui s’en soucie ?', en français). C’est un chemin d’en arriver là, c’est sûr. Mais c’est la vérité. En fait, c’est sûrement confronter un petit peu son propre ego. De se dire : ' Finalement, qu’est-ce que ça peut faire si j’en dis plus ? ' Vous et moi, on se voit en interview depuis quoi ? Quinze ans ? Il y a dix ans, même moins, je n’aurais pas pu dire ça. J’étais encore dans la réflexion de comment les choses allaient être perçues, de ce que je « devais » faire à tel ou tel moment. Aujourd’hui, je m’en fous, tant que c’est excellent. Ce n’est pas de la prétention. C’est plutôt l’idée de : ' Je veux faire un truc qui est excellent, qui est beau, à mon avis, selon moi. '

L'interview de Mika est à lire en intégralité dans le nouveau magazine Télé 7 Jours. Disponible dans les kiosques dès ce lundi 19 janvier.