Major de promo d’une grande école, Mathias Boissel (Léo Legrand) profite de son discours de fin d’année pour déchirer son diplôme en accusant les professeurs et intervenants d’avoir appris aux étudiants à « devenir les bons petits soldats d’un système qui exploite la terre (…) sans se soucier des conséquences ».
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Son envie de changer les choses grandit encore lorsque Jean Humbel (François Berléand), son professeur et dirigeant d’une célèbre fondation écologique, lui glisse une citation de l’anthropologue américaine Margaret Mead : « Ne doutez jamais qu’un petit groupe d’individus conscients et engagés puisse changer le monde ». Un conseil pris au pied de la lettre par le jeune homme qui, avec cinq autres militants européens, monte le groupe Phoenix et enlève des enfants de dirigeants de grandes entreprises européennes polluantes pour les faire chanter…
UN SOUCI DE RÉALISME
« Les manifestations pour le climat ont une histoire de non-violence. Mais les tensions s’exacerbent entre les deux parties. Ce qu’on veut raconter, c’est qu’avant d’être frappés par les catastrophes climatiques, il y a un risque non négligeable d’être face à une telle action si on ne crée par des ponts entre les différentes générations et sensibilités. Ça risque de nous péter au visage », explique Louis Aubert qui, avec son cocréateur et coscénariste Matthieu Bernard, s’est beaucoup documenté pour imaginer Phoenix .
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Certaines scènes, comme celle de la remise de diplôme, sont d'ailleurs inspirées de faits réels. Le personnage de Jean Humbel, lui, mélange « plusieurs figures d’ingénieurs et de scientifiques dans le monde, et particulièrement ceux ayant collaboré avec le GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat ndlr) » . « C’est un pragmatique qui dit la réalité telle qu’elle est, sans point de vue politique », précise Matthieu Bernard qui a aussi puisé dans son passé pour cette série. « J’ai eu la chance, dans les années 2000, de travailler pour l’émission Gaïa de France 5 sur le développement durable mais aussi avec des ONG comme Greenpeace. Tout ça a nourri la partie sur l’évolution de l’activisme qui s’est radicalisé. Les jeunes ne sont pas plus méchants ou dangereux aujourd’hui, c’est juste que la situation a empiré ».
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UN TOURNAGE ENGAGÉ
Le scénario, dont l'écriture a commencé avant l’apparition du Covid-19, a été régulièrement réadapté pour prendre en compte les nouvelles problématiques environnementales telles que les incendies de plus en plus puissants. Les deux auteurs ont aussi pris en compte les conseils de Pauline Gilles , la référente Ecoprod (une association favorisant les bonnes pratiques durables et écologiques sur un tournage) et de Will Attenborough . Comme James, son personnage preneur d’otages, le comédien britannique milite pour la défense de l’environnement. Il a d’ailleurs cofondé le mouvement GreenRider ambitionnant de « donner les moyens aux acteurs et aux professionnels du cinéma de créer une industrie plus propre et plus verte ».
Phoenix, mercredi 15 avril à 21.10 sur France 2