15 avril 1874, dans l’ancien atelier du photographe Nadar, au 35 boulevard des Capucines à Paris se déroule une exposition qui va s’inscrire dans les annales de l’histoire de l’art. L’évènement est organisé par la Société anonyme des artistes peintres, sculpteurs, graveurs. Ce salon réunit trente peintres. A l’origine de cette initiative, cinq artistes : Claude Monet, Edgar Degas, Camille Pissarro, Auguste Renoir et Alfred Sisley auxquels se joindront Paul Cézanne et Berthe Morisot, belle-sœur d’ Édouard Manet . Ce dernier dont la carrière commence à décoller a préféré s’abstenir.
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Ces peintres sont des rebelles. Leurs œuvres ancrées dans ce monde en pleine mutation, faites de touches rapides qui privilégient la couleur aux détails des formes, réalisées souvent en plein air bousculent les canons académiques de l’époque. Fatigués de voir leurs toiles refusées par le jury du Salon Officiel, ils ont décidé de créer leur propre évènement.
PAPIER PEINT
Hélas, l’exposition ne fera pas recette. Elle attirera en un mois 3500 visiteurs contre 400 000 à 500 000 pour le Salon Officiel. Sur les 165 œuvres présentées, une dizaine seulement seront vendues parmi lesquelles des toiles de Sisley, Monet, Renoir et Pissarro. L’expo est un échec. La recette des entrées, la vente des catalogues et des tableaux ne parviennent même pas à couvrir les dépenses engagées. Pour couronner le tout, la presse dans sa majorité les éreinte. L’un des critiques les plus virulents s’appelle Louis Leroy . Dans les colonnes du Charivari , il écrit à propos du tableau de Monet Impression soleil levant : « Le papier peint à l'état embryonnaire est encore plus fait que cette marine-là ! » Par dérision, il titre son article « L’exposition des impressionnistes . » Un surnom que Monet par défi reprend à son compte suivi ensuite par ses amis.
LE FILON
Cependant comme dit l'expression "Nul n’est prophète en son pays". Pour les impressionnistes, le salut viendra des Américains.
A partir de 1880, les millionnaires américains aiguillés par leur compatriote Mary Cassat , une artiste peintre et sculptrice installée à Paris, achètent les toiles de ces artistes à tour de bras. Le marchand d’art Paul Durand-Ruel qui les soutient depuis 1870 flaire le filon. Il ouvre en 1887, une galerie à New York et contribuent ainsi à la renommée des impressionnistes Outre-Atlantique. Aujourd’hui L’Art Institut de Chicago est le musée qui possède le plus d’œuvres impressionnistes après le musée d’Orsay en France. Le Metropolitan Museum of Art de New York possède aussi une importe collection.
En France, pour le l'impressionnisme soit enfin reconnu à sa juste valeur, il faudra attendre le début du XXe siècle, grâce notamment à l’amitié entre Claude Monet et le président Georges Clemenceau, lequel fera installer la série de peintures Les Nymphéas au musée parisien de l'Orangerie.
1874, naissance de l’impressionnisme, samedi 21 mars à 20h55 sur Arte