Nous, les Leroy (TF1) - Charlotte Gainsbourg : " La comédie me bouscule parce que ce n’est pas un registre habituel"

Rédigé le 22/03/2026
Julien Barcilon

Quand on lui fait remarquer que c’est la deuxième fois que le personnage qu’elle incarne dans une comédie (après celui de Samba ) est en plein burn out, Charlotte Gainsbourg éclate de rire. « Oui, c’est vrai ! On m’imagine pathétique, en fait ! Je m’en amuse beaucoup moi-même . » Pour Sandrine, la mère de famille qu’elle joue dans cette comédie douce-amère, l’heure n’est pas à la rigolade mais au dépôt de bilan conjugal. « Sandrine est arrivée au bout d’une situation dont elle ne veut plus. Je la trouve très touchante parce qu’elle ne veut pas faire de mal, mais elle veut sauver sa peau. Elle s’accroche justement à ce qu’elle peut, comme le fait de demander à ses deux grands enfants, Loreleï et Bastien, ce qu’ils en pensent. Ce ne sont que des maladresses, mais elle est très sincère . » 

Christophe, son mari (interprété par José Garcia ), y croit encore. Ils se sont juste trop souvent oubliés : il n’a pas non plus été au top dans la communication et le partage de la charge mentale. Le quotidien en mode dégradé est un tue-l’amour en série. Il n’abdiquera pas sans se battre. Avec Sandrine, ils se sont connus au lycée : elle est l’amour de sa vie. Pour donner une dernière chance à leur mariage, il la convainc de l’accompagner avec leurs enfants dans un road trip sur les lieux qui ont compté pour eux. Qui sait, « on a vu souvent rejaillir le feu de l’ancien volcan qu’on croyait trop vieux », comme le chantait Jacques Brel dans Ne me quitte pas . Sauf qu’à l’instant T, c’est plutôt du Charles Aznavour dans le radiocassette de leur histoire : « Il faut savoir quitter la table lorsque l’amour est desservi… » 

UN PEDIGREE RIEUR 

Justement, les cassettes tiennent ici une jolie place. Dans les années 80, les vocaux s’enregistraient sur les bandes des répondeurs téléphoniques. Cupidon rendait alors Sandrine et Christophe très créatifs. D’où la bouée de sauvetage en carton imaginée pour éviter le naufrage conjugal. Un pèlerinage un peu foutraque mais touchant, selon l’actrice. « Je le vois par les yeux de Sandrine et, en toute objectivité, ce sont des lieux et des souvenirs un peu pathétiques. Elle s’en moque au début, mais finit par en voir le bon côté . » Le réalisateur Florent Bernard maîtrise l’art de la punchline : des pépites qui font aussi le prix de cette love story en sursis. Il est d’ailleurs le complice de Jonathan Cohen pour les séries La Flamme et Le Flambeau . Cela donne une idée de son pedigree rieur. 

Les comédiens sont gâtés et nous le rendent bien. D’autant qu’une poignée de rigolos notoires (Luis Rego, Benjamin Tranié, Baptiste Lecaplain, Simon Astier…) font des apparitions aux côtés de José Garcia et Charlotte Gainsbourg… qui, et ce n’est pas une blague, se révèle la plus drôle à l’écran. « Je fais ce métier pour m’autoprovoquer. La comédie me bouscule parce que ce n’est pas un registre habituel. J’y prends énormément de plaisir, mais je ne suis pas sûre de moi. Je trouve plus facile de pleurer que d’aller sur ce terrain. D’ailleurs, ici, je pleure… mais sur le mode comédie ! Pour la jouer, il faut vraiment avoir confiance en soi afin d’y aller confortablement. J’adore ça. De plus en plus ! » Surtout, ne changez rien, Charlotte.

Nous, les Leroy, dimanche 22 mars à 21h15 sur TF1