Est-ce vertigineux de se lancer dans un premier roman ?
Alessandra Sublet. Au début, non. Puis, au fur et à mesure, on se demande pourquoi on s’est lancé un tel défi (rire). J’ai tricoté Toi que je n’attendais plus au fil de l’écriture. J’y suis allée avec toute l’inconscience qui me caractérise. C’est devenu vertigineux au moment où j’ai réalisé que j’étais en plein dedans. J’ai tellement aimé l’exercice que je recommencerai, c’est certain. L’écriture m’apaise énormément. J’ai aussi été portée par mon éditrice, Sophie Charnavel, qui est décédée avant que je n’aie pu finir mon roman. Honnêtement, s’il avait été nul, elle ne m’aurait jamais fait de cadeau. Quand tu n’es plus dans la lumière et que tu sors du bois de temps en temps, tu n’as pas intérêt à te planter.
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Votre héroïne, Manon, est une océanologue, maman divorcée, qui décide d’écouter ses envies et de partir à la recherche de son père au bout du monde…
Je me suis demandé à quel point une femme peut s’affranchir des injonctions ou des croyances limitantes et avoir le choix de prendre un chemin sans se soucier du jugement des autres. Elle part à l’aventure d’elle-même, comme elle part à l’aventure d’une contrée qu’elle ne connaît absolument pas.
Alessandra Sublet bientôt de retour à la télé ? Elle répond !
Vous avez choisi de prendre un autre chemin il y a quatre ans maintenant, en quittant la télévision où vous animiez à l’époque C’est Canteloup et des primes sur TF1. La lumière ne vous manque jamais ?
Non, l’envie n’était plus là. Je fais partie de ces gens qui ont besoin d’un moteur pour avancer. La décision de la quitter m’a libérée. Sincèrement, je n’étais pas destinée à faire ce métier, de cette manière-là. Je n’ai jamais eu de velléité d’antenne. C’était la fin d’un cycle, il fallait que je passe à autre chose. Bien sûr, l’après-télé n’a pas toujours été évident. Il m’a fallu une bonne année pour remettre les compteurs à zéro et être hermétique à tout ce que je pouvais entendre autour de moi. Dans ces moments-là, l’entourage n’est pas toujours de bon conseil. J’ai été obligée de me mettre dans une bulle. Et, à un moment donné, la vie est magique, parce qu’il y a des choses qui viennent à toi et tu te dis : " Mon chemin est par là. "
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Est-ce que certaines chaînes ont tenté de vous faire changer d’avis ?
Oui (rire). Et à chaque fois, je leur ai répondu que ma décision était sans appel. Mon logiciel a changé. Aujourd’hui, je donne des conférences pour parler leadership, motivation, vertus de l’échec, croyances limitantes, j’écris… Il n’y aura aucun retour en arrière possible, c’est une certitude.
" L’avantage de vivre loin de la lumière, c’est que... "
Qu’est-ce qui vous attend après ce roman ?
Ma première BD, qui sort en mai. J’avais très envie de parler des familles recomposées. Ce n’est pas chose simple, ni pour les enfants ni pour les parents. Et si c’est parfois compliqué chez moi, ça doit l’être aussi chez les autres.
Vous dédicacez votre roman à votre éditrice disparue, à vos enfants et à votre mari depuis peu. Grande nouvelle ! On peut vous féliciter ?
Vous pouvez, oui (rire). C’était évident de l’associer à ce roman, car la mer a du sens pour nous deux. L’avantage de vivre loin de la lumière, c’est que l’on peut cultiver son jardin secret.