Qui a tué Clara ? La jeune femme de 21 ans a été brûlée vive dans un quartier pavillonnaire de Saint-Jean-de-Maurienne (Savoie). La PJ de Grenoble mène l’enquête, mais n’arrêtera jamais son meurtrier. Sur 800 affaires d’homicides commis chaque année en France, 20% ne sont jamais résolues. Le meurtre de Clara en fait partie comme il est indiqué dès le début. La nuit du 12 est un polar sans coupable démasqué. Pour l’écrire, Dominik Moll (Dossier 137) et son scénariste attitré Gilles Marchand se sont inspiré du livre 18.3 - Une année à la PJ , de Pauline Guéna. Parmi toutes les enquêtes, ils ont choisi celle sur le meurtre atroce et non élucidé de Clara.
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Selon le cinéaste, qui a partagé une semaine le quotidien des flics grenoblois, « le mystère dévoile des fonctionnements institutionnels et humains bien plus que la résolution d’une affaire ». Moll nous entraine au cœur de l’enquête, à hauteur de flics qui se débattent avec le pire de la nature humaine… et des photocopieuses HS. « Je souhaitais privilégier l’aspect routinier du travail des flics, éviter l’adrénaline, j’ai pensé à L627, de Tavernier. » Gilles Marchand ajoute : « On avait envie que chaque spectateur se glisse dans la peau des policiers et veuillent comme eux trouver le coupable ».
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VOYAGE AU BOUT DE LA NUIT
"En PJ, on dit que chaque enquêteur tombe un jour sur un crime qui fait plus mal que les autres explique Moll, que pour une raison mystérieuse, il se plante en lui comme une écharde, et que la plaie n’en finit pas de s’infecter" . Pour Yohan, jeune chef de groupe juste promu, ce sera le meurtre de Clara. Une première tête d’affiche pour Bastien Bouillon qui l’incarne. Avec son jeu tout en intériorité, l’acteur nous fait toucher du doigt les doutes, les frustrations, les traumatismes et l’implication infinie des enquêteurs.
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Marceau, vieux briscard limite burn-out servi avec la même force de conviction par Bouli Lanners , est notre second guide dans ce voyage au bout de la nuit. Tous les hommes interrogés sont suspects. Leur manque d’empathie et de respect pour la mémoire de la victime n’en fait pas pour autant des criminels. Si l’enquête s’enlise, c’est parce que le meurtre a longtemps été considéré comme un homicide. L’audition électrochoc d’une amie de la victime rebattra les cartes : « Clara n’a pas été tuée parce qu’elle était une fille légère, mais parce qu’elle était une femme ». Il s’agit d’un féminicide ! « Ce n’est pas tant l’enquête qui le travaille, mais ce que ça raconte du rapport des hommes aux femmes », confie Bastien Bouillon à propos de son personnage. Ce raté explose trop tard au visage de Yohan : il aurait dû enquêter dans ce sens, les premières heures sont toujours décisives. La tête dans le guidon de ses schémas de pensée d’hier, il a trop tourné en rond, comme sur sa piste du vélodrome. « Mais qu’est-ce qui cloche entre les hommes et les femmes ?», interroge la juge d’instruction (Anouck Grimberg, magistrale) qui reprend l’affaire après des années, convaincue que Clara est morte parce qu’elle était femme. Et Moll de pointer et questionner la masculinité toxique avec ce polar ultra-pertinent.
La nuit du 12, dimanche 10 mai à 21h10 sur France 2