2025 a été, pour vous, l’année de la renaissance artistique : quel regard portez-vous sur ces mois écoulés ?
Makik Bentalha C’est pour moi l’année de l’épanouissement. Je me suis senti aligné avec un spectacle qui m’a fait du bien. C’est la première fois que je parle de choses très personnelles que je n’osais pas jusqu’ici évoquer, comme la santé mentale. J’ai été très heureux de ce pas que j’ai osé franchir : j’en suis fier. C’est le premier spectacle où l’humain et l’artiste se trouvent.
Pourriez-vous nous en faire la bande-annonce ?
C’est un peu comme si le public était avec moi, une petite souris qui m’accompagne dans les coulisses des quatre dernières années de ma vie. Je leur raconte en toute sincérité les hauts, les bas que j’ai traversés, et je les emmène avec moi sur les tournages. C’est une introspection publique.
" Je me suis interrogé sur ce que je voulais vraiment partager avec les gens "
Pourquoi ce besoin de vérité ?
Le Covid a été un déclic pour moi qui fonçais tout le temps. Quand le monde s’est arrêté, je me suis interrogé sur ce que je voulais vraiment partager avec les gens. Cette honnêteté, je me la devais, et au public aussi. Je pense qu’il ne suffit plus aujourd’hui d’être drôle. Les spectateurs veulent savoir qui ils vont voir. Leurs retours au sujet de la dépression que j’ai traversée m’ont bouleversé et galvanisé quand des gens m’ont dit que de me voir en parler les a aidés.
Être juste un rigolo, c’est du passé ?
Oui. Je me mets à nu. J’offre ma sincérité. « Juste rigolo » ne me suffit plus, même si je ne veux pas perdre ce lien d’humour avec le public. Tupac Shakur, un rappeur décédé que j’admire, disait : « Je n’ai pas la prétention de dire que je changerai le monde, mais si, à ma petite échelle, je peux faire réfléchir celui qui y parviendra, ce sera une belle victoire. » J’ai besoin de me sentir utile. Faire rire, c’est bien, mais si en plus on passe un message, c’est encore plus gratifiant.
« J’ai découvert que j’avais des convictions », dites-vous…
C’était un peu ironique, tant cela semble aujourd’hui lunaire d’avoir un artiste qui prend position. Tout est si formaté, il faut plaire à tout le monde à cause des réseaux sociaux. Si l’on suit cette voie, la meilleure manière de plaire à tous, c’est de ne plaire à personne, en ne disant rien.