À quelques semaines du lancement de la saison 17 de Top Chef, une annonce a surpris jusque dans les rangs des fidèles du programme : fini le mythique plateau et sa grande cuisine centrale. Lors d’une conférence de presse organisée jeudi 29 janvier, Stéphane Rotenberg a pris le temps d’expliquer ce virage radical, pensé comme le reflet direct de l’évolution du monde culinaire. Pour l’animateur, ce bouleversement n’a rien d’un reniement. Il s’inscrit au contraire dans l’ADN même de l’émission.
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Une mutation profonde du paysage gastronomique
"On a été les premiers à faire rentrer la haute gastronomie dans l'économie française, on a été les premiers à parler de techniques, (…) de circuit court, de respect du produit, de saisonnalité" , a commencé par rappeler Florence Duhayot, productrice de l'émission avant d’insister sur l’esprit pionnier du programme. Elle a, en effet, ajouté : "On a été les premiers à mettre en avant des chefs qui osaient casser les codes de la restauration en étant plus créatifs, mais tout ça c'est pas par hasard, ils se sont retrouvés à l'antenne parce qu'ils étaient déjà dans les cuisines des chefs. Donc, cette conviction, elle n'a pas changé" . Ce qui a changé, en revanche, c’est la manière dont les chefs vivent aujourd’hui leur métier.
Florence Duhayot observe une mutation profonde du paysage gastronomique. "Et aujourd'hui, qu'est-ce qui se passe dans le monde de la cuisine ? Dans le monde de la cuisine, aujourd'hui, nos chefs chéris ont décidé d'aller toucher le plus grand nombre" , explique-t-elle. Une évolution qui pousse les grands noms à sortir du cadre strict de la gastronomie étoilée. "Donc, en fait, ils quittent leur restaurant de gastronomie pour investir dans de nouveaux formats, de nouveaux lieux, des chocolateries, des boulangeries, des pâtisseries. Ils veulent toucher le plus grand nombre avec leur famille. Et donc, la cuisine est en train de se réinventer. Et Top Chef aussi", a-t-elle conclu avant de laisser la parole à Stéphane Rotenberg.
Une itinérance voulue pour faire écho à la réalité des chefs contemporains
C’est précisément cette transformation que la production a souhaité incarner à l’écran. "Cette année, on va sortir de nos murs pour épouser cette tendance et chaque semaine, notre jury va tester nos candidats dans des univers culinaires différents et fini, donc, le plateau" , nous a annoncé Stéphane Rotenberg sans détour. Un choix assumé, presque radical : "Tout ce que vous connaissez sur Top Chef, vous pouvez l'oublier parce que cette saison-là, elle est particulière" . Le célèbre plateau, devenu au fil des années un marqueur visuel fort de l’émission, disparaît donc du paysage, non sans une pointe de nostalgie.
"On adore notre grande cuisine géante de Top Chef, si connue, qui est un marqueur mais on ne la fréquentera pas cette année. Chaque semaine, on est dehors, on bouge parce qu'effectivement, on s'inspire un petit peu de ce qui se passe aujourd'hui dans les cuisines" , a insisté l’animateur. Concrètement, cette itinérance mènera les candidats bien au-delà des murs habituels. "Alors vous allez voir, ce sera parfois des très grands voyages, très exotiques, on va aller à la montagne, etc." , a indiqué le présentateur phare de M6. Des lieux qui font écho à la réalité des chefs contemporains.
La boîte noire sera bien de retour
Pour autant, Top Chef ne tourne pas complètement le dos à ses fondamentaux. "On a quand même gardé les incontournables. La boîte noire sera là, mais pas dans le studio" , a précisé Stéphane Rotenberg. Même logique pour les épreuves emblématiques : "Il y aura bien sûr quelques grandes thématiques que l'on garde, mais toujours à l'extérieur" . En abandonnant le plateau au profit des quatre coins de la France, l'émission culinaire entend donc coller au plus près de la réalité actuelle de la gastronomie. Une saison pensée comme un terrain de jeu à ciel ouvert, où l’émission continue de faire ce qu’elle revendique depuis ses débuts : capter, avant les autres, les mouvements de fond de la cuisine contemporaine !