“Il n’a jamais veillé son meilleur ami mourant” : Madonna recadre Donald Trump sur la journée mondiale de lutte contre le SIDA

Rédigé le 02/12/2025
Kahina Boudjidj

Un tournant inédit vient d’être signalé à Washington… Selon les révélations du New York Times , l’administration Trump a donné pour consigne à ses employés de ne pas utiliser de fonds fédéraux pour organiser ou soutenir des activités liées à la Journée mondiale du sida, célébrée chaque année le 1er décembre. Une décision qui met fin à une tradition instaurée en 1993, lorsque le président Bill Clinton avait publié la première proclamation présidentielle dédiée à cette journée.

Une directive interne très stricte

Les employés y sont invités à s’abstenir de toute communication publique et selon la note, il leur est interdit de "promouvoir publiquement la Journée mondiale du sida sur quelque canal de communication que ce soit, y compris les réseaux sociaux, les interventions médiatiques, les allocutions ou tout autre message destiné au public" . Les fonctionnaires fédéraux conservent la possibilité d’assister à des événements externes organisés par des structures locales… mais doivent demeurer silencieux. Ils ne pourront ni y prendre la parole, ni mentionner leur participation en ligne ou dans la presse.

Face aux critiques suscitées par cette rupture soudaine avec plus de trois décennies de sensibilisation institutionnelle, le département d’État a tenté de contextualiser la décision. Interrogé par le New York Times , son porte-parole Tommy Pigott a affirmé : "Une journée de sensibilisation n’est pas une stratégie. Sous la direction du président Trump, le département d’État travaille directement avec des gouvernements étrangers pour sauver des vies et favoriser le partage des responsabilités" . Si l’administration laisse entendre qu’elle souhaite se concentrer sur des actions concrètes, cette mise à distance officielle de la Journée mondiale du sida marque un recul symbolique important. 

Madonna : une militante de la première heure

Parmi les voix les plus marquantes à s'être indignées ? Celle de Madonna. Figure historique de la lutte contre le VIH, la chanteuse n’a pas hésité à dénoncer frontalement ce recul américain, rappelant l’importance de cette journée pour des millions de personnes à travers le monde. Depuis les années 1980, alors que la crise du sida était frappée du sceau du silence et de l’homophobie, Madonna a été l’une des rares grandes artistes à prendre publiquement position. Quarante ans plus tard, voir Washington désavouer la date symbolique du 1er décembre réactive en elle une colère intacte.

Sur Instagram, elle a publié plusieurs slides dans lesquelles elle fait entendre sa colère. "Depuis quatre décennies, cette journée est reconnue internationalement dans le monde entier par des personnes de tous horizons, parce que la vie de millions de personnes a été touchée par la crise du VIH" , a-t-elle commencé. Elle a ensuite rappelé l’ampleur des pertes humaines et mentionner ces gens qui " ont perdu des amants, des maris, des femmes, des petites amies, des petits amis, des mères, des filles et des enfants à cause de cette maladie mortelle, pour laquelle il n’existe toujours pas de remède"

"Donald Trump a annoncé que la Journée mondiale du sida ne devrait plus être reconnue. C'est une chose de demander à des agents fédéraux de ne pas commémorer cette journée, mais demander au public de faire comme si elle n'avait jamais existé, c'est ridicule, absurde, impensable", s'est-elle insurgée. Et de poursuivre : "Je parie qu'il n'a jamais regardé son meilleur ami mourir du sida, lui tenir la main et voir le sang quitter son visage pendant qu'il rendait son dernier souffle à 23 ans. Il n'existe toujours pas de traitement curatif et des personnes continuent d'en mourir. Je refuse de considérer que ces vies ont été perdues pour rien". "Je continuerai à honorer la Journée mondiale du sida, et j'espère que vous l'honorerez avec moi", a-t-elle conclu.