L'humoriste Anas Hassouna séduit lors du festival Lillarious : "C'est super de faire rire les gens d'un autre pays"

Rédigé le 04/02/2026
Aurélien Gaucher

Déjà présent à Montréal lors de l'été 2025 au festival Juste pour rire , dont le gala de la francophonie est disponible sur Prime Vidéo , Anas Hassouna a de nouveau démontré tout son talent. L'artiste québécois participe aux trois soirées du gala de Samuel Bambi (les 2,3 et 4 février), dans le cadre du festival Lillarious organisé à Lille. Rencontre avec celui qui n'hésite à multiplier les punchlines sur scène.

Comment s'est passé cette première soirée de gala avec le public lillois ?

Je suis content de pouvoir le faire trois fois. Quand j'arrive de Montréal, il y a toujours une petite période d'adaptation. Ici le rythme est différent, tout comme le public. C'est plus difficile de construire sur le rire. Tu ne peux jamais lâcher les spectateurs, le rythme est primordial. Mais je suis content de ne pas m'en être rappelé sur scène (rire). C'était une bonne première soirée.

Était-il nécessaire d'adapter les thèmes abordés sur scène entre le Québec et la France ?

C'est sûr qu'il y a beaucoup de références que je peux faire dans mes sketchs qui ne fonctionnent pas ici. À Montréal, je peux me permettre d'aller sur certains terrains mais en France, je dois proposer ce que j'ai de plus universel. C'est un bon exercice, faire rire des gens d'un autre pays c'est une super sensation.

Lors de gala, le public ne connait pas forcément tous les artistes. Comment abordez-vous cet aspect du spectacle ?

Je ne pense pas que l'on puisse performer sans rester fidèle à son propre univers. Il faut toujours avoir les yeux sur le ballon, si tu te mets à penser à autre chose, tu le perds. Si ça arrive, ce n'est jamais la faute du public. Il faut assumer la responsabilité de ce qu'il peut se passer sur scène, c'est ce qui donne finalement le plus de liberté et de pouvoir.

Quelle est votre vision des réseaux sociaux, devenus une arme de communication redoutable pour les humoristes ?

Moi je suis de la dernière génération où c'était encore optionnel de se servir des réseaux sociaux. Quand je suis arrivé, les gens n'étaient pas encore totalement branchés. Aujourd'hui, c'est incontournable si tu veux avoir une carrière. Je dirais que ça constitue 50 à 60% de la carrière d'humoriste. Avant, il fallait être porté par une production. Maintenant les réseaux sociaux, c'est le public qui décide. Après il faut se méfier, car l'offre est tellement énorme... La concurrence est très présente.

Quel regard portez-vous sur le public français et sa consommation de l'humour ?

J'adore jouer au Québec parce que c'est chez moi et que je connais le public, mais en France il y a moyen de très bien gagner sa vie, car les billets de spectacle se vendent très bien. On n'a pas autant de soirées consacrées à l'humour ou de comedy-clubs qu'ici. Je crois que vous avez plus la culture d'aller découvrir de nouveaux artistes. Les comedy-clubs se sont bien développés, mais ce qui est assez fou, c'est qu'ils attirent un public de comedy-club. Certains humoristes français me disaient qu'il était plus difficile de convertir (en billets vendus) des passages en comedy-club par rapport à des passages en première partie d'un autre spectacle, car les personnes présentes sont déjà dans l'idée d'aller voir des shows solos.