La France a un incroyable talent (M6) : Magie, humour, Golden Buzzer… le cocktail gagnant de Clément Blouin !

Rédigé le 03/12/2025
Kahina Boudjidj

Pouvez-vous vous présenter ?

Clément Blouin :  Clément Blouin, 36 ans, je suis originaire de Chartres. J’habite aujourd’hui du côté de Montmorency, à côté d’Enghien et de la ville natale d’Eric Antoine (rires). Je suis humoriste et magicien depuis 15 ans.

Pourquoi avoir voulu participer à La France a un incroyable talent ?

Parce que ça faisait quelques années que je voulais le faire. Déjà en 2016, je projetais de le faire. Et finalement, j’avais eu un autre gros contrat qui avait fait que j’avais refusé de faire l’émission. Ils m’ont appelé chaque année et j’ai toujours refusé. Et puis là, je me suis dit : cette année, je me sens prêt. J’ai un spectacle à promouvoir, j’ai 10 ans de Comédie Club derrière moi. Je pense pouvoir avoir les épaules pour le programme. J’avais 4 numéros que je pouvais potentiellement présenter dans l’éventualité que je puisse aller jusqu'en finale. 

Dans l’épisode de ce soir, on a vu une photo de vous avec Éric Antoine. Avez-vous un lien particulier tous les deux ?

Il y a un lien dans le sens où il avait dit dans les auditions que je travaillais dans une boutique de magie. En 2010, je travaillais chez Magic Dream. Du coup, lui venait dans la boutique acheter du matériel. C’est là qu’on s’est rencontrés pour la première fois. On se voyait plutôt souvent parce qu’il venait aussi plutôt souvent (rires). Après, j’avais son numéro, j’envoyais un SMS de temps en temps, mais je ne pouvais pas considérer que c’était un pote non plus. On ne s’est pas vus assez pour que je puisse (rires) et je ne vais pas mentir en disant qu’Éric, c’est mon pote. Aujourd’hui, évidemment, avec l’émission, ça nous a peut-être rapprochés un peu. Mais oui, on s’est connus. J’ai beaucoup d’admiration pour qui il est et pour la carrière qu’il a. En plus d’être un super professionnel, c’est un être humain absolument charmant.

Vous dites dans l’émission que vous avez commencé par la magie. Dites-moi tout

J’ai commencé la magie quand j’étais gamin, vers 6-7 ans, un truc comme ça. J’étais dans ma piaule et je m’entraînais. Il y avait une collection à l’époque qui s’appelait "J’aime la magie". J’avais mon petit fascicule. Ça coûtait 49 francs. Il y avait un accessoire, une cassette vidéo et un fascicule. Du coup, j’adorais étudier la magie dans ma chambre. Surtout que c’était des tours qu’on pouvait faire avec ce qu’on avait à la maison. Avec des cuillères, des sucres, des élastiques, des jeux de cartes. C’était vraiment génial pour le petit garçon que j’étais. Ça ne m’a jamais quitté. 

"Il faut pouvoir encaisser un peu les échecs"

Et plus tard ? 

J’ai continué à faire mes tours. Chaque jour, j’étais sur scène. Chaque jour, je faisais de la magie aux gens, aux clients. Je suis allé à Paris, j’ai travaillé dans une boutique de magie. Là, j’ai rencontré plein de magiciens professionnels qui ont commencé à me demander si je pouvais les remplacer sur des restaurants. J’allais faire chier les gens à table pendant qu’ils mangeaient, en leur disant : "Excusez-moi de vous déranger, je peux vous faire un tour ?". C’est comme ça que ça a fonctionné. J’ai donné mes premières cartes de visite. On m’a rappelé. J’ai animé des mariages, des bar mitzvahs, des événements divers et variés. J’ai commencé à travailler dans des boîtes de nuit. Les entreprises m’ont appelé. J’ai mis un pied dans l’événementiel parisien, français et international.

Comment l’humour est-il venu se greffer à la magie ?

J’ai toujours été attiré par l’humour. Quand j’étais gamin, j’adorais les humoristes. J’avais les DVD de tout le monde dans les placards. Je m’amusais à imiter Gad Elmaleh, Franck Dubosc, Stéphane Rousseau, Anthony Kavanagh, Elie Semoun… Ce sont des gens que j’adorais quand j’étais plus jeune. Naturellement, l’humour est venu se greffer à la magie. Je n’imagine pas l’un sans l’autre. Pour moi, ce sont deux ingrédients qui fonctionnent super bien. Ils sont hyper complémentaires. 

Être magicien/humoriste, c’est un métier ingrat ? Comment on fait pour ne pas baisser les bras ?

C’est sûr qu’il faut être solide pour ce métier-là… Il faut pouvoir encaisser un peu les échecs. Il faut pouvoir encaisser les endroits un peu dégueulasses dans lesquels on travaille. J’ai fait des chichas, des trucs où je n’étais même pas payé. J’ai fait des mariages où les gens n’en avaient rien à foutre. J’ai fait des restaurants où je me suis fait rejeter. Les gens me manquaient de respect carrément. Mais à la limite, c’est plus des histoires anecdotiques et drôles à raconter… Je pense qu’il faut juste avoir un peu de self-control et ne pas le prendre perso. Je ne suis pas le seul à avoir vécu ça. Tout le monde a vécu des moments un peu humiliants.

"C’est certainement la meilleure décision professionnelle que j’ai prise de ma vie"

Le parcours de Mathieu Stepson, gagnant 2024, vous a inspiré ?

En fait, je me dis que je suis vraiment un gogole (rires) parce que le sens du timing est absolument exceptionnel… Dans le sens où il a gagné l’année dernière, je me dis que je n’ai aucune chance de gagner cette année du coup. Mais je me suis dit, vas-y, ce n’est pas grave. Et le seul truc qui m’a un peu convaincu, c’est que c’était les 20 ans de l’émission. Et je me suis dit, 20 ans, il y a peut-être une couverture médiatique qui va être un peu plus importante. Donc je me suis dit : "Tiens, on s’en fout si je ne gagne pas. Le plus important, c’est que je fasse des beaux passages et que je puisse utiliser des images derrière". Et puis que je sois fier de mon parcours. Et sincèrement, je ne le regrette pas, c’est certainement la meilleure décision professionnelle que j’ai prise de ma vie.

Après le succès de votre premier passage, n’aviez-vous pas la pression de devoir faire encore mieux derrière ?

Evidemment. Pour la deuxième étape, je savais que vous m’attendiez un peu au tournant (rires). Je me suis dit : "bon, il faut que je tape très, très fort". Et aussi, il y a un truc, c’est que j’ai aucune certitude de passer à la prochaine étape… Donc je me suis dit qu'il fallait que j’envoie un peu mes bangers dès le début. J'ai voulu mettre plus de magie et peut-être moins de texte. Donc j’ai envoyé un truc à la prod, et la prod m’a dit : "c’est bien, mais on aimerait encore plus de magie". Ils voulaient vraiment mettre l’accent sur la magie. Mais c'est vrai que j'étais très stressé parce que je n’ai pas l’habitude de faire ce numéro-là dans cet ordre-là. Il y avait des trucs qui étaient hors de mon contrôle. 

Votre prestation avec la mamie, l’urne, le jus de tomate, c’était hilarant… les commentaires ont été élogieux ! Claudio Capéo vous offre un Golden Buzzer. Vous vous y attendiez ?

Pendant l’enregistrement, je suis passée deuxième, du coup, je me suis que ça faisait chier parce qu'ils ne vont jamais donner un Golden Buzzer en passant aussi tôt. Je me disai que forcément, l'invité n'allait pas le cramer dès le début qu'il allait attendre de voir quelques numéros… Ça me semblait logique. Et du coup, j’en parlais un petit peu aux équipes derrière le rideau, etc. et les régisseurs me disaient : "C’est vrai que nous, en quelques années d’émission, on n’a jamais vu un Golden Buzzer dès le début". Donc je me suis dit tant pis, je fais de mon mieux et puis on verra bien. Et en fait quelques secondes avant qu'il n'appuie, je le sens venir. Je me dis : "Oh non, c’est un délire !". Evidemment, ça a été beaucoup d’émotions et une joie immense. J'étais sans voix, complètement speechless. 

Qu’est-ce qui vous a le plus touché dans ce Golden Buzzer ? La reconnaissance après tant d’années de travail ?

Oui, voilà. C’est un peu ce sentiment de se dire : "Ah putain, mais enfin, quoi !". Enfin un truc qui fait que potentiellement ça peut bouger un peu dans ma carrière. Enfin je me démarque un peu, enfin il y a une preuve de reconnaissance. Ça n’arrive pas à tout le monde, c’est pas tous les jours que ça arrive, et du coup forcément je me suis laissé un petit peu submergé par l’émotion (rires). 

Et en plus, Karine Le Marchand annonce que vous allez être papa…

Alors… elle s’est trompée, je l’étais déjà… (Rires). Mais oui, du coup, ça faisait beaucoup d’émotions. J’étais papa quelques jours avant donc elle a dit que c’était dans une semaine, mais non, le bébé était déjà né mais forcément, ça a fait une accumulation de bonnes nouvelles. Donc, j’ai laissé… la coquille se percer.

Vous êtes donc directement en demi-finale ! À quoi peut-on s’attendre pour la suite ?

Beaucoup d’hésitations pour les demi-finales, du coup… Je me demande quel numéro faire… Il faut prendre la bonne décision et ne pas se tromper (rires). Il y a beaucoup d’appels avec les copains, avec les co-auteurs, avec les gens qui gravitent un peu dans mon équipe. Et puis, beaucoup d’aller-retour avec la production aussi. Eux, ils m’ont dit que le numéro auquel je pensais n'étais pas "télégénique". Et je me dis : "Merde". Je vais donc partir sur un autre numéro (rires). Je suis dans le stress de temps sur les demi-finales mais je vais quand même essayer de surprendre les jurés et de ne pas aller là où ils m’ont connu… Je compte raconter une histoire où je me livre un petit peu sur une anecdote de mon adolescence.