Après plusieurs mois de débats tendus, le rapport final de la commission d’enquête sur l’audiovisuel public a été rendu public le mardi 5 mai. Ce document de plus de 500 pages présente près de 70 propositions portées par le député UDR Charles Alloncle, avec l’objectif de réduire d’environ un milliard d’euros par an les dépenses du secteur. Parmi les mesures préconisées, figurent notamment la fusion de France 2 et France 5 , ainsi que de Franceinfo et France 24 , ou encore ainsi qu’une réduction importante des émissions sportives et des jeux télévisés.
Le coup de gueule de Philippe Risoli
Invité sur Europe 1 ce mercredi 6 mai, Philippe Risoli a vivement réagi à la possibilité de voir disparaître les jeux. « Je suis totalement contre ! », a commenté l’ ancien animateur emblématique du Juste Prix : « Pourquoi supprimer des jeux, j’aimerai comprendre le pourquoi de cette motivation ? », s’interroge-t-il. Le rapport de Charles Alloncle évoque en effet, jusqu’à neuf émissions de jeux diffusées sur France 2 sur une journée, en incluant les rediffusions. Un chiffre contesté par l’animateur, qui estime la réalité bien en deçà. « Où est-ce que vous avez vu 7 à 8 jeux par jour sur le service public ? Prenons France 2 par exemple, il y en deux avant le journal de 13 heures (Chacun son tour et Tout le monde veut prendre sa place ndlr.) et deux avant celui de 20 heures (Tout le monde à son mot à dire et N’oubliez pas les paroles, ndlr.), ça fait quatre ! Ça ne me semble pas excessif », estime-t-il. « On peut supprimer ce qu’on veut, mais pourquoi s’attaquer aux jeux ? On ne sait pas ! »
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" Ça veut dire quoi ? Que les jeux sont une sous-culture ?"
Face à lui, Pascal Praud a ensuite soulevé la question de la légitimité du service public à diffuser des jeux télévisés. Une critique à laquelle l’animateur répond en dénonçant une forme de mépris. « Ça veut dire quoi ? Que les jeux sont une sous-culture ? Ce sont des formats extraordinaires pour la plupart qui traverse les années. J’ai participé récemment à l’émission de Cyril Féraud 100% logique, qui cartonne ! Donc on va l’enlever ? Au nom de quoi ? C’est un jeu de réflexion et passionnant ! ».
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" Ce n’est pas normale qu’on fasse 60% de marge, quand on facture un jeu"
Philippe Risoli a toutefois admis que certaines pratiques du milieu posaient problème, estimant que des économies pourraient être réalisées sans la suppression des jeux. « Certains producteurs ont tendance à se gaver et à avoir la pédale lourde sur leur facturation. Ce n’est pas normale qu’on fasse 60% de marge, quand on facture un jeu ! Mais celui qui prend ces 60% de marge, il n’est pas rentré dans le bureau avec une mitraillette, il a bien discuté avec un professionnel de la télévision qui représente un diffuseur, qui lui-même a une idée du coût d’un programme de 26 minutes. C’est ça problème, mais ce n’est pas en enlevant les jeux qu’on le résoudra », a-t-il conclu

