Dans quel état d'esprit abordez-vous votre première ?
Ange Noiret : Je suis fond ! J’ai vraiment hâte de commencer ! Je suis très exigeant sur la qualité des informations météo que je délivre, et cette rigueur m’aide justement à canaliser mon énergie pour être détendu à l’antenne. L’idée, c’était aussi de passer un bon moment, même si le contenu reste scientifique et que, de prime abord, la météo ce n’est pas sexy.
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Le fait d’être suivi par des millions de téléspectateurs ne vous impressionne pas ?
Non, parce qu’on ne réalise pas vraiment combien de personnes nous regardent, et ce n’est pas plus mal (rires). Que ce soit 500 000 en matinale ou plusieurs millions le midi ou le soir, pour moi, ça reste la même caméra à laquelle je m’adresse. L’exigence, elle, ne change jamais, quel que soit le nombre de téléspectateurs.
Ange Noiret : "Evelyne Dhéliat m’accompagne depuis mes débuts à LCI et depuis on ne s’est jamais quitté"
Comment votre nomination s’est-elle déroulée en interne ?
Elle s’est faite assez progressivement. Au fil des entretiens avec la direction, on m’a un jour demandé si je serais intéressé par une évolution vers les journaux du week-end, sur les 13h et 20h. J’avais bien sûr répondu oui, mais cela remontait déjà à quelque temps. Puis le départ de Tatiana est intervenu, et on m’a confirmé que j’étais envisagé pour lui succéder. Je me suis senti honoré par la confiance de la direction de TF1, de Thierry Thuillier (directeur général adjoint du pôle Information, ndlr), mais aussi d’Évelyne Dhéliat. Elle m’accompagne depuis mes débuts à LCI et depuis on ne s’est jamais quitté. C’est elle qui m’a donné ma chance, je l’en remercie. Je suis à la fois très heureux, reconnaissant, et un peu chanceux d’en être arrivé là.
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Avez-vous pu échanger avec Tatiana avant son départ ?
Malheureusement non, car nous nous croisons assez peu. Étant en matinale, je pars généralement au moment où les équipes du 13h et du 20h arrivent. Je crois toutefois qu’elle était heureuse de se tourner vers de nouveaux projets, et j’en suis ravi pour elle. Nous nous entendions très bien, donc la satisfaction est partagée.
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Vous continuez à intervenir dans la matinale, avec un rythme un peu plus allégé. Comment vous organisez-vous ?
Je continue, mais de façon alternée : les semaines où je suis aux JT du week-end (en alternance avec Louis Bodin, ndlr), je n’y participe que le lundi et le mardi, puis je reprends du mardi au vendredi la semaine suivante, et ainsi de suite. Quel bonheur de décaler mon réveil les semaines où j’ai moins de matinales ! Se lever à 3 h 30, ce n’est pas naturel… Même si c’est toujours un plaisir de retrouver les équipes, quand le réveil sonne, ça pique ! Ça va me faire du bien de retrouver un peu plus de sommeil. Le rythme de matinalier est vraiment particulier. Pour tenir le coup des années, il faut avoir une super hygiène de vie. Je m’oblige à me coucher à 19 h, je mange équilibré, je fais un peu de sport. Avec la bonne routine, c’est tout à fait faisable.
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Allez-vous conserver le ton dynamique et décontracté que vous avez dans la matinale, ou adopter un registre plus sérieux pour les JT ?
Non, il n'y a pas de volonté particulière à être solennel. Ce qui compte, pour moi comme pour les téléspectateurs, c’est de rester fidèle à ma personnalité et à mon naturel. C’est d’ailleurs l’un des premiers conseils que m’a donné Evelyne Dhéliat. Je ne veux pas surjouer ni me poser de question sur la manière de présenter, c’est d’être authentique, tout en conservant la même rigueur dans les informations et dans la façon de raconter une histoire météo.
Comment fabriquez-vous vos bulletins ?
Je suis en lien étroit avec Météo-France : chaque matin, je peux échanger avec un prévisionniste pour confronter nos analyses de la situation. J’ai aussi une formation de météorologue , ce qui me permet de consulter moi-même les modèles météorologiques des dernières heures, ainsi que les données issues des stations météo, les images satellites et les images radars. J'engrange toutes ces données pour pouvoir ensuite présenter n'importe quel bulletin météo, quelle que soit sa longueur, que ce soit en direct, ou pas.
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Comment décririez-vous le style « Ange Noiret », à l’antenne ?
Je n’y ai jamais réfléchi… (rires) C’est surtout mon socle de rigueur scientifique qui constitue ma base. Ça me permet d’avoir confiance en moi, d’être sûr de mes analyses et de m’exprimer naturellement face aux téléspectateurs pour leur fournir des explications claires. Tout repose sur cet équilibre : acquérir dès le matin un solide bagage météo, pour le transmettre avec simplicité et naturel.
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Votre marque de fabrique c’est aussi ce look costume-baskets. Travaillez-vous avec un styliste ou est-ce un choix personnel ?
Non, je n’ai pas de styliste — et je pense qu’il s’en arracherait les cheveux, car ce n’est pas forcément l’association la plus classique (rires). À mes débuts sur LCI, j’avais un style plus traditionnel, avec des chaussures en cuir. Puis, de temps en temps, je mettais des baskets pour plus de confort. Ça a beaucoup amusé les téléspectateurs, et j’ai reçu de nombreux retours sur les réseaux sociaux. Aujourd’hui, j’ai pleinement adopté ce style. Je choisis avec soin mes costumes et mes cravates. J’aime ce contraste entre une tenue très élégante et des grosses baskets.
Ange Noiret : "Je suis météorologue avant tout"
Certains vous qualifient de « beau gosse de la météo ». Cela vous amuse, vous flatte ou vous agace ?
Honnêtement, ça me passe complètement au-dessus de la tête (rires). Je ne me retrouve dans aucune de ces trois réactions. Si ça fait plaisir à certains, très bien, mais ce n’est pas un sujet qui m’importe particulièrement. Je préfère largement que l’on réagisse à mes bulletins et qu’on échange sur le fond. Quant à mon physique, je suis sans doute le moins bien placé pour en juger.
Avez-vous d’autres envies à la télévision ?
Je suis météorologue avant tout. Pour l’instant, je veux surtout prendre le temps de mesurer mon évolution et de bien faire mon travail. Si d’autres opportunités se présentent, je les étudierai bien sûr. Mais dans un premier temps, j’ai tendance à garder la tête dans le guidon.

