Titanic, chroniques d'un naufrage : "Il ne pouvait pas couler !"

Rédigé le 04/04/2026
Frédérick Rapilly

« Il n’y avait pas de lune, juste un ciel étoilé…  », se souvient Jack Thayer. Le 14 avril 1912, il avait 17 ans et voyageait avec ses parents dans une cabine de première classe sur le Titanic . Il est l’un des survivants du naufrage s’exprimant à travers la voix et le visage d’un comédien (Rhys Mannion) dans ce docu-drama reconstituant ce qui s’est passé dans la nuit du 14 au 15 avril 1912, entre 23 heures et 2h20. «  Il ne s’agissait pas d’expliquer comment le Titanic avait été construit ni même comment il avait coulé », commente Kieran Doherty, le producteur exécutif, «  mais plutôt d’essayer de comprendre ce que l’on ressentait quand on était sur le bateau au moment du naufrage.  » Pour ce faire, son équipe et lui se sont appuyés sur les témoignages des sept-cent-douze rescapés, selon le décompte officiel, ainsi que sur l’expertise d’historiens et de vétérans de la Royal Navy tel que l’amiral Alan West. Minute par minute, cette mini-série suit le déroulé de la catastrophe avec les ressentis parfois contradictoires des témoins. Ainsi, Violet Jessop (Vicky Allen), l’une des serveuses, se rappelle qu’elle venait de se mettre au lit et feuilletait un magazine : «  Il y a eu un bruit, un craquement. Et en même temps, le Titanic a tremblé…  » De son côté, Frederick Fleet (Matthew Cassidy), le marin qui faisait la vigie, le premier à apercevoir la masse sombre de l’iceberg et à donner l’alerte, se souvient à peine d’un choc.

Thomas Andrew, son concepteur, était à bord

En revanche, dans les étages inférieurs, à l’intérieur de la salle des machines numéro 6, le chef d’équipe Frederick Barrett (Ciaran McCourt) se rend compte avec effarement que la coque du paquebot a été déchirée. L’eau rentre à flots, sans que lui ou l’un de ses hommes ne puissent faire quoi que ce soit. Comme l’explique Helen Sage, la showrunneuse : «  Notre équipe de documentation a tout passé au peigne fin, récupérant les journaux de l’époque, les mémoires des uns et des autres, les courriers, mais aussi les rapports officiels américains et britanniques pour identifier les passagers ayant raconté leurs histoires dans les années ayant suivi le naufrage. À partir de cette matière, nous avons sélectionné les récits de passagers et aussi de l’équipage qui montraient les différentes expériences vécues au cours des événements de cette nuit tragique.  » Pour rappel, le Titanic transportait 2208 personnes. Il avait quitté en fanfare le port de Southampton, en Grande-Bretagne, quatre jours plus tôt, le 10 avril, et filait vers New York pour ce qui était son voyage inaugural. À son bord, il y avait l’architecte naval Thomas Andrews, l’un de ses concepteurs. Il était sincèrement persuadé d’avoir dessiné les plans du paquebot le plus sûr du monde, un bateau censé être insubmersible: «  Il ne pouvait pas couler !  » Thomas Andrews mourra à bord, refusant d’embarquer sur un des canots de sauvetage, après avoir fait tout son possible pour évacuer les passagers.