FERTILISEUR PRODIGUE
L’une des propriétés méconnues de la foudre est de fertiliser les sols. Il faut savoir que l’azote constitue environ 78 % de l’air que nous respirons. Cependant les plantes ne peuvent pas l’utiliser directement. C’est là qu’intervient la foudre. Elle produit l’énergie extrême, avec des températures pouvant atteindre jusqu’à 30 000 °C. Une énergie suffisante pour briser les molécules de diazote en azote. Elles se combinent alors avec l’oxygène pour former des oxydes d’azote qui, dissous dans la pluie, se transforment en nitrates. Le lac de Maracaibo, au Venezuela, les bassins du Congo et de l’Amazonie, où l’activité orageuse est intense, possèdent ainsi les végétations les plus luxuriantes de la planète. En Australie, Greg Butler, un chimiste spécialisé dans le développement d’engrais agricole durable, travaille sur un projet particulièrement innovant. Il cherche à produire un arc électrique suffisamment puissant pour briser les molécules de diazote atmosphérique et les transformer en nitrates utilisables comme engrais. Une solution qui permettrait de réduire considérablement l’utilisation d’engrais chimiques de synthèse.
PUISSANT PURIFICATEUR
Autre propriété de la foudre : elle purifie l’atmosphère grâce aux radicaux hydroxyles que l’on trouve au sommet des nuages d’orage. Ce sont des molécules particulièrement instables qui réagissent instantanément en présence d’autres substances. On les surnomme les « détergents de l’atmosphère » ou les « balais de la nature ». Pourquoi ? Parce qu’ils sont le principal agent oxydant de la troposphère (la couche basse de l’atmosphère). Ils « attaquent » et décomposent de nombreux polluants et gaz à effet de serre, comme le méthane, le monoxyde de carbone, ainsi que de nombreux composés organiques volatils (COV) et d’autres polluants. La foudre aide ainsi à réduire l’impact de gaz polluants à effet de serre.
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VIBRATION UNIVERSELLE
Les éclairs, qui parcourent par milliers le ciel de notre planète par seconde, émettent des ondes électromagnétiques entre le sol et la haute atmosphère. Elles rebondissent en permanence, comme un écho à basse fréquence mesuré à 7,83 Hz. Le physicien israélien Colin Price a démontré que ce « chant électrique » a la même fréquence que notre cerveau lorsqu’il est en mode relaxation. Ce phénomène a été observé sur les autres formes du vivant. Dans cette atmosphère électrique, la planète et les êtres vivants vibrent à l’unisson…
CATALYSEUR DE VIE
Le géologue américain Matthew Pasek a démontré comment la foudre réduit l’état d’oxydation du phosphore, le rendant plus biodisponible. Les éclairs auraient pu ainsi participer à l’apparition de la vie sur Terre en fournissant des formes de phosphore réactives, essentielles pour l’ADN, l’ARN et les membranes cellulaires. Il a notamment montré que la foudre peut réduire le phosphore des minéraux, facilitant ainsi la synthèse de composés organiques phosphorés nécessaires à la vie.
Science grand format, jeudi 23 avril à 21h05 sur France 5

