« Je me suis aperçu que cela faisait 50 ans que je partageais ma vie de musicien avec la France, les Français et un peu le monde. Je me suis dit que ce serait sympa de faire une grande fête, de passer un bon moment ensemble… » C’est ainsi que Jean Louis Aubert (qui fêtera ses 71 ans le 12 avril), accueille les téléspectateurs, qui s’apprêtent à vibrer, communier par écrans interposés pour ce concert capté le 13 décembre 2025, à Paris La Défense Arena devant plusieurs dizaines de milliers de fans. Aux manettes de ce divertissement : le réalisateur Julien Faustino (collaborateur de Gims, Benjamin Biolay, Melody Gardot). Celui-ci ne s’est pas contenté de filmer le chanteur et ses musiciens sur scène. Le concert, 25 titres en tout (empruntés au répertoire du chanteur, du groupe Téléphone, mais aussi à Barbara, à Arthur Rimbaud…), est entrecoupé d’interventions de Jean-Louis et d’images d’archives. « Mon but dans les concerts, confie ainsi avec malice le chanteur , est que les gens perdent leur jugement et qu’ils retrouvent leur âme d’enfant, et se laissent aller. Quand la lumière revient, ils regardent autour d’eux et s’aperçoivent qu’ils ont sauté, dansé, sans se demander si on les regardait. La musique passe par les oreilles, mais aussi beaucoup par les corps. »
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Guitare éraflée et invités d'exception
Entre ses premières scènes dans les années 70 avec l’éphémère groupe Cool Rock, où il jouait des standards de rock, de blues et même du reggae, en reprenant Bob Marley, et la captation de La Défense Arena, plusieurs décennies ont défilé, mais Jean-Louis semble avoir garder son enthousiasme intact. « Si le monde m’a pris dans ses bras il y a voilà cinquante ans, chaque soir, j’essaie de prendre la salle dans les miens » glisse-t-il, avant d’apparaître dans un jeu de lumières colorées, guitare acoustique éraflée en main, et d’entamer son set avec ces paroles : « On a parlé liberté / Égalité, fraternité / On a parlé d’humanité / On a dit qu’il faudrait s’aimer… » Démarré en douceur avec la mélodie de C’est quand ça commence , la chanson qui inaugurait son dernier album ( Pafini sorti en septembre 2024), le concert prend vite un tournant plus rock avec New York avec toi , puis Saute ! , se calme à nouveau avec l’un de ses premiers morceaux en solo, Les Plages , avant de repartir sur les chapeaux de roue. Parmi les invités de ce événement exceptionnel, on retrouve Vianney, Louane, Raphaël, puis Matthieu Chedid. Celui confie à la caméra de Julien Faustino : « Jean-Louis Aubert, c’est toute mon histoire, mon premier héros de la musique française. À l’époque de Téléphone, bien sûr. C’est le groupe qui m’a inspiré le plus quand j’étais adolescent. J’ai fantasmé, j’ai rêvé sur eux. Évidemment le passage en solo de Jean-Louis a vraiment été un choc pour moi. Il a accompagné ma vie, toujours. » Une phrase qui pourrait être mise dans la bouche de 69 millions de Français… Ou pas loin. N’est-ce pas ?

