Après 6 saison aux manettes de Piquantes, prenez-vous toujours autant de plaisir ?
Nicole Ferroni : Oui, je suis même très contente de la formule actuelle. On garde notre cahier des charges avec un ton humoristique, mais depuis l'année dernière, en plus d’un invité artistique, nous recevons aussi une personnalité, qui vient nous parler de thématiques un peu plus sociétales. Je trouve ça bien d'avoir ces deux tonalités.
Comment arrivez-vous à concilier l’humour et des sujets parfois lourds ?
Notre secret c'est qu'on s'autorise tout ! On peut pleurer avec nos invités, puis enchaîner avec une blague, parfois un peu limite. C’est cet équilibre qui fait l’identité de l’émission.
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L’équipe de Piquantes est composée de comédiennes, d’humoristes et d’autrices. Comment vous répartissez-vous les rôles ?
Chacune a sa chronique et surtout son propre angle. Christine Berrou, par exemple, met en lumière des portraits de femmes et d’héroïnes. Vanessa Ferry détourne le télé-shopping avec humour pour faire passer des messages, Joséphine Dary propose son « point sexo »... Ce qui fonctionne, c’est que chacune a son univers et peut s’y épanouir. On échange beaucoup, notamment via un groupe WhatsApp où l’on partage des idées ou des blagues, mais chacune garde aussi sa liberté. C’est à la fois un travail collectif et un espace d’expression individuel. D’ailleurs, l’émission sert aussi de tremplin : certaines ont ensuite développé leurs propres projets, comme Mahaut Drama qui est partie sur Quotidien (TMC) ou Marine Léonardi sur France Inter.
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L’arrivée d’un homme dans la bande de chroniqueuses est-elle un jour envisageable ?
Non, et ce qui c’est drôle c’est qu’on reçoit beaucoup de candidatures spontanées masculines. Mais à la base, l’émission a été pensée aussi pour rééquilibrer la visibilité des femmes dans le paysage audiovisuel français. Donc on recrutera un homme quand les plateaux télé des autres chaînes seront égalitaires.
Pensez-vous que ce sera un jour, le cas ?
Il y a des moments où je suis très optimiste, parce que je trouve qu'il y a vraiment un vent de liberté de la parole, et une meilleure considération des femmes... Et puis il y a des moments où je suis dubitative, comme lorsque je suis tombée sur un extrait du Maillon Faible où un candidat a éliminé une femme juste par "solidarité masculine"... Quand on voit l'état du monde, moi j'ai vraiment envie de dire aux hommes : "laissez-nous les manettes, parce que là vous faites n'importe quoi".
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Vous n'hésitez par a interpeller les politiques sur les réseaux sociaux. Avez-vous déjà envisagé de vous engager ?
Honnêtement, il y a des moments où ça me tente. Certaines décisions politiques me frustrent beaucoup, et ça me fait réfléchir. Pas dans l’immédiat, mais peut-être un jour, je pourrais envisager de me présenter comme maire d'un petit village ou comme députée, parce que je trouve que la fabrique de la loi, c'est quand même la base.
Quels sont vos autres projets à venir ?
Je serai prochainement à l'affiche de la série Fertile sur Arte, et dans deux unitaires pour France Télévisions : Un dimanche de chasse et Bernique Palace.
Piquantes, tous les samedis à 21.00 sur Téva

