Comment définiriez-vous votre personnage, Joseph Batista fraîchement nommé à la brigade criminelle de Marseille ?
Eric Cantona : Je trouve que c’est quelqu’un de très efficace dans son travail. Son expérience parle pour lui. Au moment de construire ce personnage, on s’est imaginé un passé qui va au-delà de la police. Ensuite il y a sa vie personnelle, et c’est ce qui fait la beauté de cette histoire. Batista est à la recherche de quelque chose. Il n’a jamais eu de famille et se rend compte qu’en réalité il en a une.
Le duo que vous formez avec Bruno Sanches est au cœur de la série, est-ce ce binôme qui vous a séduit dans ce projet ?
J’ai l’impression que l’on n’a pas l’habitude de voir ça à la télévision. Ce commandant Batista dans un commissariat avec à ses côtés un avocat, qui est là à traîner et dévoué à ses clients… Bruno l’interprète formidablement bien. Son personnage parle beaucoup plus que le mien, on joue beaucoup là-dessus, on se titille. Tout nous oppose mais en même temps, tout nous rassemble aussi.
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Comment avez-vous travaillé pour retransmettre cette complicité à l’écran ?
On s’est rapidement bien entendu avec Bruno, c’était naturel. Il faut aussi dire que Phillipe Dajoux, le réalisateur, a été très important dans ce projet. Il nous a aidé à rapidement cerner nos personnages. C’est quelqu’un qui transmet beaucoup d’énergie, mais aussi de l’amour. Je pense que cet aspect du tournage a été essentiel.
Vous retrouvez Marseille, votre ville natale : la série en restitue-t-elle bien l'atmosphère ?
Je trouve que le soleil a été parfaitement utilisé et que les images sont sublimes. J’ai l’impression que Marseille n’a jamais été aussi bien filmée. La ville est un personnage à part entière de la série. On ressent à travers les épisodes ce qui fait l’ADN de Marseille. Tout ça a influé sur l’histoire mais aussi sur nos personnages.
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Avez-vous donné quelques bonnes adresses à Bruno Sanches lors du tournage ?
Bien sûr, mais on y est surtout allé ensemble ! On a pu partager pas mal de choses. Mais je dois dire que j’étais assez impressionné, car il avait énormément de texte à apprendre. Et puis le texte c’est une chose, mais il y a ensuite l’interprétation. Bruno est un grand professionnel.
Bruno Sanches nous expliquait que l’une de vos forces, c’est d’être à l’aise face au silence…
Les gens parfois ne sont pas intéressés par les silences. Il y a même des films, ou des séries, où dès qu’il y a une seconde de blanc il faut absolument trouver quelque chose pour combler. Pourtant, comme disait Miles Davis : « La véritable musique est le silence et toutes les notes ne font que l'encadrer »
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Si votre personnage devait évoluer sur un terrain de football, à quel poste jouerait-il ?
Évidemment, je dirais en attaque avec le numéro 7… ou gardien de but. C’est à ce poste que j’ai commencé quand j’étais gamin. Je voulais faire comme mon père. J’ai joué dans une équipe à Marseille où on dominait le football amateur à l’époque. Toutes les semaines j’attendais les matchs, la veille je ne dormais pas, je vérifiais qu’on ne m’avait pas volé mes gants… Mais on gagnait tous les matchs 5 à 0. Je ne touchais jamais le ballon. J’en ai eu marre et je suis allé jouer devant.
Alter Ego, à partir de ce lundi 13 avril à 21h10 sur TF1

