"Je suis une jeune fille sage qui fait sa musique et qui la chante..." Dans les images en noir et blanc qui ouvrent ce documentaire signé Tom Volf, on découvre une Véronique Sanson , très jeune, timide et ingé-nue. Elle est au tout début de sa carrière et n'a pas rencontré Michel Berger, celui qui sera le grand amour de sa vie et l'une de ses sources d'inspiration musicale. Avec son vibrato si caractéristique, elle se distingue rapidement des chanteuses françaises de l'époque.
L'artiste qui lui sert de guide, de mentor, c'est une Américaine, la grande chanteuse Dionne Warwick , l'interprète de classiques comme Walk on by, Don't Make Me Over , ou encore I Say a Little Prayer . " J'étais une curiosité pour les gens, avec une voix qui agaçait ou, au contraire, plaisait beaucoup. "
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Le documentaire donne à voir des petits films en couleur de Véronique enfant, puis ado, en famille, avec sa sœur, Violaine. Une enfance et une adolescence heureuse... Véronique est encouragée à jouer du piano, notamment son père, René, avocat, homme politique (député de Paris de 1958 à 1967), et mélomane averti. " Le déclic a été Michel Berger ", confie Véronique. " J’ai su, après l’avoir rencontrée, que je ne pourrai pas faire autre chose que de la musique. Il a été mon premier grand amour, mais s’il n’y avait pas eu la musique, je ne sais pas si l’on serait tombé amoureux l’un de l’autre."
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"La fenêtre est ouverte… Viens, on se casse !"
Directeur artistique chez WEA, Michel lui fait enregistrer en 1971 son premier album, intitulé Amoureuse . Mais la vie de Véronique bascule. En 1972, "Michel me traîne à un concert, et la, je rencontre Stephen Stills (un musicien américain célèbre outre-Atlantique, membre du groupe Crosby, Stills, Nash & Young, ndlr). J'étais bien embêtée. Il a commencé à m'appeler tous les jours."
Amoureuse, comme le dit son disque, mais d'un autre, Véronique quitte Michel. " Je suis partie en disant que j'allais acheter des cigarettes et je ne suis jamais revenue. Je me suis envolée pour les États-Unis. J'y suis restée onze années. " Là-bas, Véronique se marie, accouche d'un petit garçon, Christopher, mais elle n'est pas heureuse. " Je crois que je me suis mariée par politesse. Avant la cérémonie, ma sœur m'a dit : 'La fenêtre est ouverte. Viens, on se on se casse !' "J'ai dit non, que je divorcerais plus tard. Je ne voulais pas faire de peine à mes parents, ni à ceux de Stephen. "
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Pendant qu'elle est aux États-Unis, elle entame une sorte de correspondance musicale avec Michel Berger. Il chante à son adresse Seras-tu là ? , qui sort en 1975. Elle lui répond en écrivant Je serai là, publié en 1976. Dans le film de Tom Volf, Véronique raconte ce lien très spécial qui continuera à l'unir au chanteur un mélange de complicité et de remords pour l'avoir quitté si brusquement. Quand Berger meurt, en 1992, Véronique a divorcé de Stephen Stills. Elle est revenue en France avec son fils. " Le plus bel hommage à rendre à Michel, c'était de chanter ses chansons. Je l'ai fait, c'est comme si j'avais enfin payé ma dette. "
Véronique, vendredi 3 avril à 21h10 sur France 3

