Mort du rappeur Calbo : Rachida Dati nie avoir eu recours à l’IA pour rédiger son hommage pointé du doigt par le internautes

Rédigé le 07/01/2026
Kahina Boudjidj

Le rap français a perdu l’une de ses voix les plus respectées. Calbo, de son vrai nom Calbony M’Bani, figure du duo Ärsenik, est décédé dimanche 4 janvier à l’âge de 52 ans. L’annonce a été faite par sa famille, via un communiqué de presse. "En ces moments particulièrement douloureux, la famille appelle à la bienveillance, au respect et à la retenue tant qu’à son égard qu’à celle de ses proches. Au-delà de la figure publique, Calbo était avant tout un proche, un parent, un être cher" , peut-on y lire.

Une disparition après une longue maladie

Né et grandi à Villiers-le-Bel, dans le quartier de La Cerisaie, Calbo fonde, en 1992, Ärsenik avec son frère aîné Lino. Ensemble, ils imposent un style sombre et engagé. Quelques années plus tard, le duo rejoint le Secteur Ä, collectif devenu mythique, aux côtés de Stomy Bugsy, Passi ou encore Doc Gynéco, de quoi contribuer à façonner l’âge d’or du rap français de la fin des années 1990. Selon ses proches, le rappeur s’est éteint après un long combat contre la maladie… Une épreuve qu’il traversait loin des projecteurs, fidèle à cette discrétion qui l’a toujours caractérisé.

Très vite, les hommages ont afflué, témoignant du respect unanime dont il jouissait dans le milieu. Sur X, ancien Twitter, Rohff a salué la mémoire d’un mentor et d’un modèle : "On a perdu un grand monsieur du rap et un grand frère de la vie. Au-delà de ses accomplissements rappologiques, je retiens toute la force et la positivité qu’il a transmises au fil des années à ma génération et aux suivantes" . D’autres artistes ont également exprimé leur tristesse, à l’image de Bigflo et Oli, qui ont résumé le sentiment général en quelques mots : " Le rap français en deuil"

Rachida Dati dément un hommage rédigé à l'IA

Rachida Dati, la ministre de la Culture, a aussi rendu hommage à l'artiste mais son communiqué n'est pas passé aux yeux de certains fans comme l'ont repéré nos confrères du Huffington Post.  Le premier à pointer du doigt ces incohérences est un utilisateur répondant au pseudonyme Nizzague. Dans un tweet publié mardi 6 janvier, il n’a pas mâché ses mots : "Bref, utiliser l’IA c’est bien, savoir le faire, c’est mieux !" . Pour appuyer son propos, il s'est présenté comme une personne qui était " ado quand Ärsenik a explosé" , et affirme avoir immédiatement repéré plusieurs anomalies dans le texte officiel.

Selon lui, le communiqué comportait d’abord "des fautes d’orthographe", ce que le ministère de la Culture reconnaît sans difficulté. Contacté par Le HuffPost , le service de communication confirme la présence de "coquilles" , tout en précisant : "Nous avons immédiatement apporté les corrections nécessaires sur le site du ministère" . Mais pour ce Twittos, le problème ne s’arrêtait pas là… Il estime que le texte illustre "parfaitement les limites de l’IA" , notamment à travers une référence musicale erronée. Il cite ironiquement un passage du communiqué rendant hommage au prétendu titre "Shalom", censé démontrer la virtuosité d’Ärsenik.  "Qui a déjà écouté 'Shalom', le fameux titre d’Ärsenik qui avait révélé la 'virtuosité du groupe et leur amour de la langue française maniant rimes multisyllabiques et métaphores sans jamais perdre leur ancrage dans le réel' ?" , a-t-il demandé. Une question judicieuse puisque ce morceau n’existe pas dans la discographie du groupe.

Le ministère dément toute utilisation d’IA

Face aux accusations, la réaction du ministère a été claire. Toujours auprès du HuffPost , il affirme que "Nous ne recourons pas à l’IA pour rédiger ces communications" , tout en précisant qu’ "un conseiller de la Ministre est d’ailleurs chargé de leur rédaction" . Aucune explication détaillée n’a cependant été apportée sur l’origine précise de l’erreur concernant le titre du morceau. Dans un second message, le même Twittos affirme avoir mené "une petite recherche" et avance une nouvelle hypothèse : "Quasiment tout a été pompé et retravaillé à partir d’un site qui dressait la biographie de Calbo, juste avant son décès"

Pour étayer son propos, il évoque "la même erreur sur (le morceau) 'Shalom' au lieu de 'Shaolin' et le même plan de présentation avec des termes similaires" , et partage un lien vers le site concerné. Depuis, le communiqué officiel a été modifié. La référence erronée a disparu et c’est désormais bien le titre Shaolin / 6ème Chaudron qui figure dans le texte publié par le ministère.