Éléonore Bernheim se confie sur L’Art du crime (France 2) : "On ne pouvait pas le prévoir mais…"

Rédigé le 01/03/2026
Pauline Hohoadji

Il y a eu beaucoup de scènes de comédie la saison dernière, notamment avec l’épisode un peu soap opéra et l’enquête en VR. Comment décririez-vous cette saison 9 lancée le 23 février dernier ?

Éléonore Bernheim  : Il y a un invité mystère, un élément perturbateur à plusieurs tiroirs quoi. Un mec-commode (rires) ! Et ça vaut toutes les VR et les soaps. C’est une idée intelligente et facétieuse des auteurs. C’est un gros chantier et ils ne sont que deux, donc chapeau bas Angèle Herry-Leclerc et Pierre-Yves Mora !

Nicolas Gob  : Ils ont redoublé d’efforts pour vraiment nous divertir encore plus. Ils sont très forts !

L'Art du crime, un succès international !

La série est diffusée dans plus de 60 pays. Vous l’auriez cru si on vous avait dit, au départ, que vous alliez devenir les ambassadeurs télé de la culture et du patrimoine à l’étranger ?

Éléonore Bernheim  : Non ! Tu ne t’attends pas à ça. Tu espères un succès mais tu ne t’y attends pas forcément. Tu ne peux pas te projeter et prévoir que ça va durer 9 saisons (même 10 désormais) et que ça va être diffusé dans le monde entier. Quand on a commencé, les plateformes n’étaient pas telles qu’elles sont aujourd’hui et les réseaux sociaux n’avaient pas cette ampleur. Tout ça a accéléré les choses à l’international. Et la série a été achetée par des chaînes partout dans le monde, il n’y a pas que TV5 Monde. On ne pouvait pas le prévoir ça… On m’a dit l’autre jour que la série préférée du spécialiste du gréco dans le monde, qui est un grand chercheur, était L’Art du crime . C’est génial ! On reçoit énormément de messages de jeunes filles qui sont devenues historiennes de l’art grâce à Florence Chassagne. Tu peux faire toutes les projections du monde, tu n’aurais jamais imaginé ça.

Votre personnage, Nicolas, a-t-il le même impact sur les téléspectateurs ?

Nicolas Gob  : Sincèrement, on ne m’a jamais dit : " Tiens, je suis devenu policier grâce à toi . Il y a quelques années, j’ai rencontré quelqu’un dans un festival qui était policière. Elle avait pris un virage à 180 degrés et m’avait dit que la série Les Bleus, premiers pas dans la police l’avait incitée à faire ça. Mais ça n’est pas arrivé avec L’Art du crime . Dans cette série, mon personnage est un moyen pour aller découvrir l’univers de cette chercheuse. Je ne pense pas que le public soit animé par le côté policier de la série.

Éléonore Bernheim  : Le capitaine Antoine Verlay est plus convenu. Des personnages de flics, il y en a eu des milliers alors qu’il n’y avait pas un héros historien de l’art dans la fiction. La fantaisie, la vie, les mouvements, les reliefs viennent d’elle dans la série.

La belle complicité entre Eleonore Bernheim et Nicolas Gob dans L'Art du crime

Qu’avez-vous appris après toutes ces années passées dans L’Art du crime ?

Éléonore Bernheim  : J’ai énormément appris sur tous les artistes abordés mais j’ai aussi appris à parler le Nicolas Gob. C’est un très grand technicien. Quand on a commencé à tourner il y a dix ans, moi je ne voulais pas savoir où était la caméra, ça ne m’intéressait pas. J’avais l’impression que ça allait ôter de la liberté à mon jeu. Nicolas a été le meilleur maître au monde. Maintenant, j’intègre ces contraintes de technique pure : comment jouer avec la lumière ou la caméra et sans marque au sol pour que ça ne vienne pas interrompre quelque chose dans ton jeu. J’ai beaucoup appris avec Nicolas.

Et vous Nicolas, qu’avez-vous appris avec Éléonore ?

Nicolas Gob  : 1500 trucs de lâcher-prise et d’humanité… Elle m’a dit un jour quelque chose qui a presque transcendé ma carrière et ma façon de jouer. C’était assez sain mais je l’ai pris comme quelque chose d’important. Elle m’a dit : "N e sois jamais trop loin de ta belgitude" .  C’est comme si en me rappelant cette phrase, je revenais au basique quand j’en avais besoin. Si je me sens en danger, je reviens à ce basique-là et ça me permet d’aborder ce que je dois faire beaucoup plus librement.

Vous vous connaissez par cœur depuis toutes ces années. Y a-t-il encore des petites manies qui vous insupportent ?

Nicolas Gob (plaisantant) : Elle déteste les chauves… Donc de temps en temps je tourne des contrechamps avec des grosses perruques (rires) !

Éléonore Bernheim  : Cet homme à côté de moi est la perfection. Mais il a un défaut qui ne peut pas être une qualité : il ne rappelle jamais et il ne répond jamais aux textos ! Et encore, sa femme me dit qu’après elle, je suis la mieux lotie (rires).

L’Art du crime revient demain, lundi 2 mars, à 21h10 sur France 2