Garde à vue (Arte) - Le côté obscur de Michel Serrault

Rédigé le 07/01/2026
Julien Barcilon

Réveillon dans un commissariat de police où un notable, soupçonné d’un double assassinat et mis en garde à vue, est interrogé sans relâche par un inspecteur qui entend faire éclater la vérité avant le petit jour... 

Michel Serrault à contre-emploi

Coupable ou non coupable ? Pour l’inspecteur Gallien : Jérôme Martinaud, notaire à Cherbourg, est plus que suspect. Sa déposition après les viols et les meurtres de deux fillettes interroge et lui vaut d’être placé en garde à vue le soir de la Saint-Sylvestre… Dans le rôle du flic coriace, Lino Ventura en impose, comme toujours. Mais, face à lui dans ce huis clos tendu, Michel Serrault crée la surprise en magnifiant une partition tragique, tout en ambiguïté. Dès lors, il ne pourra plus être réduit à son image de rigolo.

Devant la caméra de  Claude Miller et servi par des dialogues au scalpel de Michel Audiard , pour qui « Serrault est le plus grand acteur du monde », le comédien confirme son talent dramatique, alors insoupçonné du grand public. « C’est un suspense, et je veux que les spectateurs de mon film se disent : Oui, Serrault est coupable et non, ce n’est pas possible ! » Le doute est brillamment dans la place. En 1982, trois ans après La Cage aux folles , le César du Meilleur acteur lui sera de nouveau décerné. 

Garde à vue, mercredi 7 janvier à 20h55 sur Arte