À 73 ans, Sting continue de surprendre, tant par ses choix artistiques que par ses positions personnelles. Alors qu’il s’apprête à remettre en lumière The Last Ship , la comédie musicale qu’il a écrite et composée dans les années 2010, l’ex-leader de The Police a profité d’un entretien accordé au Parisien Week-End , paru ce vendredi 16 janvier, pour livrer une réflexion sans détour sur l’héritage… et sur l’argent.
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Une fortune qu’il ne compte pas transmettre
De retour sur scène à Londres pour la première fois depuis six ans avec The Last Ship , spectacle qu’il défendra ensuite pendant cinq mois aux Pays-Bas, en France, notamment à La Seine Musicale de Boulogne-Billancourt du 18 février au 8 mars prochains, puis aux États-Unis, Sting assume pleinement un choix qui ne fait pas l’unanimité : ne pas léguer sa fortune à ses six enfants. Père de Joseph et Katherine, nés de son mariage avec Frances Tomelty, et de Mickey, Jake, Eliot, Pauline et Giacomo Luke, fruits de son union avec Trudie Styler, le chanteur estime qu’un héritage trop confortable serait une erreur éducative.
Pourquoi ? "Parce que ce serait de la maltraitance de leur dire : 'Vous n’avez pas besoin de travailler, vous avez tout cet argent'" , explique-t-il. Et d'ajouter : "Faire cela, c’est casser le moteur du désir et de l’ambition qui vous pousse à avancer dans la vie. Donc, je ne laisserai pas à mes enfants des millions de dollars, je dépenserai tout" . Un discours qu’il avait déjà tenu à l’automne dernier dans 50’ Inside , sur TF1, face à Isabelle Ithurburu : "Vous savez, je ne sais pas si j’ai raison ou si j’exagère, mais je ne veux pas que mes enfants s’attendent un jour à recevoir des millions de dollars" , avant de préciser : "Ça ne leur rendrait pas service" . Puis de conclure, avec humour : "Enfin, bref, on dépense tout, il ne restera rien" . Selon lui, ses enfants ont parfaitement compris cette philosophie et "Ils sont très fiers" .
Une bataille judiciaire en toile de fond
Cette prise de parole intervient alors que l’artiste fait aussi face à une actualité judiciaire sensible… Depuis ce mercredi 14 janvier 2026, la Haute Cour de Londres examine une plainte déposée par Andy Summers et Stewart Copeland, les deux autres membres historiques de The Police. Ils accusent Sting de ne pas leur reverser la part qui leur reviendrait sur les revenus générés par le streaming et évaluent leur préjudice à "plus de deux millions de dollars" , selon des documents consultés par l’AFP. L’affaire repose sur un accord ancien, conclu oralement en 1977 puis formalisé en 1981, selon lequel chaque musicien devait percevoir 15 % des royalties issues des compositions des autres, en tant qu’arrangeur.
Un principe destiné à reconnaître l’apport créatif du trio, même si Sting demeure l’auteur de l’ensemble des tubes du groupe, de Roxanne à Message in a Bottle . Réactualisé en 1997 puis en 2016 pour solder les différends financiers entre les membres du groupe, aux relations notoirement conflictuelles, cet accord n’évoquait toutefois pas explicitement le streaming, alors encore inexistant lors de sa rédaction initiale. Le désaccord porte aujourd’hui sur la qualification des revenus issus de plateformes comme Spotify, Deezer ou Apple Music. Là où l’accord de 2016 ne mentionne que les droits mécaniques, Andy Summers et Stewart Copeland estiment que l’esprit du texte originel impliquait un partage plus large, incluant l’ensemble des recettes générées par le streaming. Affaire à suivre…

