En 1863, la guerre de Sécession fait rage. Dans les rangs de l’Union, on ampute à tour de bras. Le lieutenant John J. Dunbar a le pied en charpie. On veut le lui scier. Plutôt mourir ! Il remonte à cheval et défie l’ennemi, lorsque les balles sifflent, offrant malgré lui une victoire à sa division face aux lignes sudistes. Cet acte héroïque lui vaut d’être soigné dignement et de choisir sa nouvelle affectation : un avant-poste à la frontière du territoire indien. Il veut voir cette ligne invisible « avant qu’elle disparaisse », sans cesse repoussée par l’avancée conquérante des pionniers.
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Ainsi Danse avec les loups nous attache immédiatement au destin de son officier trompe-la-mort, incarné par Kevin Costner , dont le charme revêche rappelle celui de Robert Redford dans Jeremiah Johnson . L’harmonie, c’est ce que Dunbar comprend avoir trouvé après des mois passés sur cette terre sauvage de l’Ouest, où « chaque jour se finit en miracle ».
Avec cette initiation d’un homme que les horreurs de la guerre ont poussé à fuir la civilisation et qui, au contact de la nature, découvre une autre façon de vivre chez les Sioux et, curieux puis passionné, devient peu à peu l’un des leurs, Costner retrouve le souffle des grands espaces.
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UNE LETTRE D’AMOUR…
Son obsession : l’authenticité. Pas d’Indiens de pacotille joués par des Blancs ! Des dialogues en langue sioux, le lakota , sous-titrés. Costner passe une annonce dans le quotidien anglophone que lisent les Indiens d’Amérique du Nord. Il choisit quatre cents personnes, des figurants et des comédiens. Parmi ces derniers, le film a révélé l’acteur canadien Graham Greene (1952- 2025), natif de la tribu Onneiouts, l’une des Nations iroquoises, dans le rôle du medicine man philosophe Oiseau Bondissant. « C’est un comédien dans l’âme, qui a donné beaucoup de lui-même. Je l’ai davantage choisi pour ses qualités d’acteur que pour son physique d’Indien, assure le réalisateur. J’aime son jeu retenu qui colle parfaitement à l’idée que je me faisais du personnage. » Certains Natifs devront (ré)apprendre à monter à cheval à cru, tirer à l’arc et aussi suivre des cours intensifs de lakota avec Doris Leader Charge (Pretty Shield dans le film), originaire de la réserve Rosebud, dans le Dakota du Sud. L’inoubliable loup Chaussettes (Two Socks en VO) apprivoisé par Dunbar est l’autre star du film. L’animal sauvage (représenté à l’écran par deux canidés dressés), renvoie au paradis perdu des plaines fertiles et au massacre des Indiens à venir.
Récompensé par sept Oscars, un Ours d’argent et trois Golden Globes , Danse avec les loups, oeuvre marquante et intemporelle, résonne peut-être plus que jamais avec notre époque. « Ce film, disait Costner, est la lettre d’amour que j’adresse aux Indiens. On les a exterminés, on a détruit leur culture pour posséder leur terre. » Depuis, lui dont le grand-père était à moitié cherokee, est citoyen d’honneur de la Nation sioux.
Danse avec les loups, dimanche 1er mars à 21h00 sur Arte

