Il était deux fois (France 2) - Odile Vuillemin en gendarme amnésique : "J’ai rencontré un neurologue..."

Rédigé le 07/01/2026
Camille Sanson

Vous jouez Gabrielle, une gendarme qui a effacé de sa mémoire les douze dernières années de sa vie. Comment avez-vous abordé quelque chose d’aussi vertigineux ? 

Odile Vuillemin : Vaste question ! J’ai envie de vous répondre : comme j’ai pu. J’ai rencontré un neurologue, j’ai échangé avec Franck Thilliez, puis j’ai fait un gros travail de préparation sur les textes, qui étaient déjà bien construits. J’ai insufflé cette amnésie comme une espèce de gouffre, une dichotomie même. Gabrielle se croit encore gendarme, alors qu’elle ne l’est plus. Elle pense aussi être avec son mari, alors qu’ils sont séparés… Il y a également eu toute une construction physique, car elle a vécu l’enfer durant ces douze années. Je voulais que le poids du passé soit visible. Le poids tout court aussi. Je trouvais que je n’avais pas assez la carrure. Alors on a donc fait en sorte que je fasse au moins dix kilos de plus. Il y a également son délaissement capillaire, avec ses racines visibles, et qu’elle ne se maquille pas. L’idée était de montrer que cette femme s’était complètement laissée aller durant ce laps de temps. Parallèlement, l’espoir de retrouver sa fille lui insuffle une énergie vitale qu’elle ne veut pas lâcher. 

Justement, dans le roman de Franck Thilliez, le héros est un homme : Gabriel. Les scénaristes de la série en ont-ils fait une femme parce que Gabrielle incarne l’amour maternel avec un grand A ? 

C’est marrant, car tout le monde le voit comme ça, alors que je n’ai pas travaillé sur le « plein », cet amour maternel qui la remplit jusqu’à la submerger. Je me suis concentrée sur le vide et le manque : elle n’a pas été la mère modèle. Donc, pour moi, ce qui se joue, c’est la culpabilité. Et le fait de ne pas savoir. 

C’est aussi un rôle très musclé. Avez-vous suivi une préparation en amont ? 

Je fais déjà beaucoup de sport, personnellement. Pendant la préparation, j’ai ajouté cinq heures de sport par semaine minimum. Pas vraiment pour les cascades, mais pour me conditionner physiquement à l’effort à fournir pendant les trois mois intenses de tournage. Quand est arrivé le moment des cascades, j’étais relativement fragile intellectuellement, mais on m’a dit que j’avais énormément de puissance, ce qui m’a bien fait plaisir ! Ce type de scènes, c’est un peu la récré pour des acteurs ! Et puis, moi, comme j’ai un souci du réalisme, j’étais très friande de conseils et de propositions d’ajustement. 

Vous avez déclaré qu’Il était deux fois n’est pas juste une série parmi toutes les autres pour vous. Qu’entendiez-vous par là ? 

Une série ou une fiction peut être juste un projet de plus, effectivement. Mais, parfois, il y a une alchimie qui opère, jusque dans vos tripes, et qui vous transforme. Là, ça a été le cas. J’ai traversé des montagnes russes, avec une première période très plaisante, une deuxième où je me suis sentie comme en chute libre, puis une troisième étape, où tout allait bien. Je me levais le matin avec une énergie de dingue, même à la fin du tournage. 

Il était deux fois, mercredi 7 janvier à 21h10 sur France 2