Le Monde de Jamy (France 5) - Enquête sur les bienfaits et les dangers du sucre

Rédigé le 23/03/2026
Frédéric Lohézic

À L’ÉPOQUE DE L’HOMME DES CAVERNES 

Le sucre est d’abord une source d’énergie. À la Préhistoire, l’être humain se procurait sa dose de glucides sous forme de miel, de baies sauvages, de racines. Mais pas en quantité suffisante pour survivre. La viande de mammouth offrait heureusement une solution miracle pour pallier ce manque, grâce à la néoglucogenèse intestinale (l’organe fabrique du sucre, à partir des lipides et des protéines).

PROGRAMMÉS AVANT LA NAISSANCE 

Il semblerait que, déjà dans le ventre de notre mère, nous soyons condamnés à aimer le sucre. Réginald Allouche, nutritionniste et ingénieur biomédical, explique : " On va déglutir du liquide amniotique, qui est légèrement sucré. Et quand on va téter le sein, si le lait est légèrement sucré, c’est qu’il est bon pour la consommation. S’il est acide, le bébé va faire une grimace. Cela veut dire que la maman a une infection".

LA FAUTE À LA RÉVOLUTION INDUSTRIELLE 

Pendant longtemps, le sucre extrait de la canne à sucre importée des Indes fut réservé aux classes sociales élevées, qui l’utilisaient notamment dans leur café et autres boissons exotiques. Au XIXe siècle, l’industrialisation permet d’en fabriquer dans des proportions gigantesques, à moindre coût. En parallèle, les rangs des usines se gonflent de main-d’oeuvre provenant des campagnes, à savoir des agriculteurs habitués à cuisiner leurs produits frais. « Le problème, c’est qu’ils prenaient beaucoup de temps pour manger, pour préparer leurs légumes, leurs poulets, souligne Réginald Allouche. L’avantage du sucre c’est qu’il représente des calories faciles à stocker, à consommer et à digérer. En fait, la révolution industrielle a été aussi une révolution alimentaire. Et le sucre en fait partie. »

DÉSENCHANTÉS 

Jamy propose une expérience amusante à Côme et James, deux enfants de 8 ans et demi : acheter chacun, au supermarché, cinq boissons et aliments dont ils ont envie. Autant dire que leur chariot ne se remplit pas de brocolis. À leur retour, l’animateur leur demande de deviner l’équivalence, en morceaux de sucre, de leur plein. « 35 ! » répond l’un, « 37 ! » s’exclame l’autre. En réalité, il y a l’équivalent de 10 morceaux de sucre dans leurs paquets de chips, 50 dans leurs boissons, 46 dans leurs paquets de bonbons, plus 50 autres dans leurs gâteaux. Soit un total de 156. Les enfants pensent alors que consommer une dose de 30 à 40 morceaux par jour est raisonnable. Lorsque Jamy leur confie qu’il est déconseillé d’en manger plus de 10 (le seuil idéal étant de 5), autant dire qu’ils déchantent. Diabète et obésité ont de beaux jours devant eux. 

Le Monde de Jamy, lundi 23 mars à 21h05 sur France 5