Harlan Coben : "Avec l’adaptation de mes romans, j'ai appris très tôt à laisser la fidélité de côté"

Rédigé le 28/02/2026
Frédérick Rapilly

Selon vous, y-a-t-il beaucoup de différences entre vos histoires publiées dans des romans et celles qui sont adaptées à l’écran ?

Harlan Coben . Il m’arrive d’avoir une idée et de me dire que cela marchera mieux à la télévision ou au cinéma que pour un livre. Mais en gros, le processus est le même. C’est comme si "j’écrivais" sur écran plutôt que sur papier. A ce jour, j’ai eu trois idées qui sont devenues directement des séries télé : The Five , la toute première série que je supervisais (sur Canal +),  Safe avec Michael C. Hall (sur C8, dispo sur Netflix) et le thriller fantastique  Lazarus avec Bill Nighy (dispo sur Prime Video). Je les ai "vues" avant de les écrire. En gros, il n’y a pas de règles. C’est vraiment du domaine du ressenti, du feeling.

 Aujourd’hui, vous avez un accès quasi directement à beaucoup d’acteurs. Cela affecte votre écriture ?

Je pense d’abord à l’histoire. Je pourrais écrire en pensant à un acteur mais je ne l’ai encore jamais fait… Ah si ! Pour Lazarus. Je me disais que Bill Nighy serait fantastique pour le personnage de père de famille que j’avais en tête. Bill a accepté. Mais pour Ne T’enfuis Plus (dispo sur Netflix), adaptée d’un roman publié en 2019, je n’avais ni James Nebbit, ni Minnie Driver, ni Ruth Jones à l’esprit. Un truc appris très tôt avec l’adaptation de mes romans, c’est de laisser la fidélité de côté. Et c’est grâce à Guillaume Canet (Rires).  Pour  Ne le dis à personne (sorti en 2006) , il avait décidé de transposer l’intrigue à Paris. Et dans mon livre, un personnage est mannequin grandes tailles. Cela ne fonctionnait pas pour le film, d’autant que nous pouvions avoir Kristin Scott-Thomas pour le rôle. J’ai proposé : " Au lieu d’être mannequin, elle pourrait avoir un restaurant, non  ?"  J’aime beaucoup cette histoire à propos de James Cain, l’auteur du roman Le  Facteur Sonne Toujours Deux Fois . On lui demandait s’il n’avait pas de la haine pour ce que les gens d’Hollywood avaient fait de ses livres ? Il a répondu : " Mais ils n’ont rien fait à mes livres.  Regardez, ils sont tous là, sur l’étagère de ma bibliothèque."

Harlan Coben évoque sa collaboration avec Reese Witherspoon

Vous venez d’écrire un roman avec Reese Witherspoon, Gone Before Goodbye, qui sera publié en France en septembre. Comment êtes-vous entré en contact ?

On se connaît depuis dix ans. On apprécie le travail de chacun (Reese est aussi une productrice de films et de séries, ndla). Un jour, Reese m’appelle : " Harlan, j ’ai une idée, j’aimerais en discuter. Je suis à New York la semaine prochaine. Peut-on se voir ?"  J’étais méfiant. Je ne suis pas le genre de mec qui co-écrit des romans. Reese m’a pitché l’histoire vraie d’une chirurgienne envoyée à travers le monde pour pratiquer des opérations sur des gens fortunés. Puis tout dérape… J’ai dit à Reese : " J’aime bien  ça . Tentons le coup. " On s’est vu régulièrement. J’écrivais. Elle me faisait ses commentaires. C’est une vraie collaboration.

 Une série en sera tirée ?

Nous n’avons encore rien de concret à annoncer, série ou film, mais on discute (Rires).