L’enquête judiciaire autour de la mort violente de Rob et Michele Reiner continue de lever le voile sur le passé médical et personnel de leur fils cadet, Nick Reiner. Inculpé de deux chefs d’accusation de meurtre au premier degré avec "circonstances aggravantes" après le décès de ses parents, poignardés le 14 décembre dernier, l’homme de 32 ans pourrait voir un élément clé de son histoire récente peser lourdement dans la stratégie de sa défense : une mise sous tutelle psychiatrique d’un an, validée par la justice américaine.
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Une tutelle médicale au cœur du dossier
Comme l’a confirmé Deadline , Nick Reiner a été placé sous tutelle judiciaire entre 2020 et 2021. Il ne s’agissait pas d’un dispositif classique de contrôle des finances et de l’autonomie, à l’image de celui qui a longtemps concerné Britney Spears, mais d’une tutelle dite de type L.P.S., instaurée à l’initiative de médecins. Celle-ci portait essentiellement sur les soins, les traitements et la prise de médicaments, dans un contexte de troubles psychiatriques et d’addictions. Cette information, révélée initialement par le New York Times , éclaire sous un jour nouveau les tentatives menées ces dernières années pour encadrer les problèmes de santé mentale de Nick Reiner. Sans apporter de confirmation sur d’éventuels diagnostics précis, elle documente toutefois un suivi médical jugé suffisamment préoccupant à l’époque pour justifier une mesure judiciaire.
Depuis de nombreuses années, Nick Reiner lutte contre des problèmes d’addiction. Son père, le réalisateur de Des hommes d’honneur (A Few Good Men), avait d’ailleurs évoqué publiquement à plusieurs reprises, avec son épouse Michele, leurs regrets d’avoir adopté une approche dite de "tough love", souvent recommandée par certains spécialistes des dépendances. Ces tensions familiales ont été partiellement transposées à l’écran dans Being Charlie (2015), un film réalisé par Rob Reiner et coécrit par Nick lui-même. Au fil des ans, le trentenaire a aussi raconté ses désaccords avec sa famille autour de sa prise en charge médicale, ainsi que des périodes de grande précarité durant lesquelles il a vécu à la rue. Ces éléments constituent aujourd’hui un arrière-plan lourd pour une affaire judiciaire d’une extrême gravité.
Quelle est la situation actuelle ?
Au moment des faits, Nick Reiner suivait un traitement pour des troubles de santé mentale et vivait depuis plusieurs semaines chez ses parents, dans leur maison de Brentwood. Les décès sont survenus lors de la première nuit de Hanoukah. Selon les rapports du médecin légiste, désormais placés sous scellés, Rob et Michele Reiner sont morts de "multiples blessures par arme blanche" . Nick Reiner encourt la réclusion à perpétuité sans possibilité de libération conditionnelle, voire la peine de mort. Derrière les barreaux dans une prison du centre de Los Angeles, il n’est plus sous surveillance anti-suicide.
Pour certains observateurs, la révélation de cette ancienne tutelle pourrait peser dans la ligne de défense. "Cela ajoute une toute nouvelle dimension aux difficultés de Reiner et à sa défense", confie une source proche du dossier comme rapporté par Deadline . Et d'ajouter : "Cela facilite certainement le travail des avocats commis d’office s’ils choisissent de plaider l’irresponsabilité pénale ou des troubles mentaux" . Mais cet élément pourrait aussi se retourner contre lui… La tutelle n’a pas été renouvelée cinq ans plus tard, alors qu’un juge de la Cour supérieure de Los Angeles en avait la possibilité. Un détail qui devrait être exploité aussi bien par l’accusation que par la défense.
La mesure était supervisée par le fiduciaire agréé Steven Baer, qui pourrait être appelé à témoigner. Interrogé brièvement par le New York Times, ce dernier s’est contenté d’un commentaire général, évoquant des troubles psychologiques comme "une épidémie largement incomprise" et qualifiant l’affaire de "tragédie horrible". Nick Reiner doit comparaître à nouveau le 23 février devant la juge Theresa McGonigle, à la Cour supérieure de Los Angeles, au Clara Shortridge Foltz Criminal Justice Center.

