Pour vous, que représente François Mitterrand ?
Denis Podalydès : J’ai voté pour lui en 1981. C’était mon premier vote. Je n’ai jamais été très critique envers lui, même si son amitié avec René Bousquet (le directeur de la police sous Vichy, ndlr) m’interroge toujours. J’en avais parlé avec Robert Badinter, dont le père avait été déporté sous la responsabilité de René Bousquet. Je lui avais demandé s’il en avait parlé avec le président. Il ne m’a pas répondu. Ça reste un grand point d’interrogation.
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Vous avez incarné Nicolas Sarkozy dans La Conquête (2011), et aujourd’hui François Mitterrand. De quel président vous sentez-vous le plus proche ?
Quand je les interprète, je ne suis plus citoyen, mais acteur. Incarner ces chefs d’État a été pour moi un grand plaisir de jeu, au sens noble du terme. Leurs histoires sont si différentes que la comparaison est impossible.
Qu’admirez-vous le plus chez Mitterrand ?
Sa plume d’écrivain. Sa correspondance avec Anne Pingeot, que j’ai lue entièrement en préparant cette série, a été une révélation. J’ai découvert l’amoureux et sa capacité à décrire cet amour. En pleine préparation du congrès d’Épinay, qui devait fusionner la gauche, il pouvait écrire des lettres de dix pages d’une qualité littéraire exceptionnelle.
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Comment avez-vous fait pour acquérir un tel mimétisme ?
Tous les matins, pendant les séances de maquillage, j’écoutais l’Anthologie sonore des discours de François Mitterrand (éditions Frémeaux).
Mitterrand confidentiel, lundi 5 janvier à 21h10 sur France 2

