On vous découvre dans le rôle de Marwan, patron de bar-tabac dans une petite ville du Sud de la France. Quel genre d’homme est-il ?
Samy Naceri. Marwan est d’origine algérienne, assez renfermé, parfaitement intégré, rigoureux, honnête, qui aime l’ordre. Il entretient une relation amicale avec le commandant de police Cédric Bonfanti, joué par Stéphane Freiss. Cette enquête débute par l’assassinat de l’adjoint au maire, alors qu’il allait inaugurer une stèle à la mémoire des Harkis, ces soldats locaux ayant combattu avec la France pendant la guerre d’Algérie.
Samy Naceri : " On a traité les Harkis comme des pestiférés "
Vous qui avez des origines algériennes, quel regard portez-vous sur leur drame ?
Je suis binational. Je n’ai pas à porter de jugement de valeur. À Valbonne, dans les Alpes-Maritimes, où nous avons tourné, il y a une forte communauté harki. J’ai beaucoup discuté avec leurs enfants. Ils ne jugent pas leurs parents. Il y avait, à l’époque, un contexte de guerre civile. Chacun avait ses raisons, plus ou moins acceptables, de choisir son camp. En revanche, l’accueil qui leur a été réservé à leur arrivée en France est une honte pour la République. Ils avaient donné leur sang pour notre pays, et on les a traités comme des pestiférés.
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Qu’est-ce qui vous a séduit dans ce projet ?
Ce film sera diffusé à l’occasion de la commémoration de la Journée des Harkis (lors de la première diffusion, ndlr). J’aimerais qu’il puisse avoir autant d’écho que le film Indigènes, de Rachid Bouchareb (sorti en 2006, ndlr), auquel j’ai participé et qui avait permis de mettre en lumière le sort des anciens combattants coloniaux. Jacques Chirac avait alors revalorisé leurs pensions.
Les projets de Samy Naceri avec son fils Julian
Comment s’est passé le tournage ?
Je me suis super bien entendu avec la réalisatrice Julie Gali. Je connaissais bien Stéphane Freiss, avec qui j’avais déjà tourné. J’ai découvert Meena Rayann, la seule actrice française qui figure au générique de Game of Thrones. Une fille à la fois talentueuse et humble.
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Vous semblez apaisé. Qu’est-ce qui, aujourd’hui, a changé dans votre vie ?
Je suis un homme de 63 ans. J’ai mûri. Je me suis débarrassé d’un entourage toxique. La foi m’a beaucoup aidé. Je me consacre à mes proches. Je développe des projets avec mon frère Larbi. Nous sommes devenus producteurs. J’ai réalisé un pré-film de 15 minutes d’une comédie qui s’appellera MDR. Nous sommes en montage financier pour tourner La Mentale 2 La Relève , qui devrait se tourner cet été, et dans lequel figurera mon fils, Julian (qui a réalisé Jack’potes ). Je suis à l’affiche d’ Atoman , d’Anouar Moatassim, premier film de superhéros maghrébins, qui sortira en décembre. Là, je viens de faire un guest pour une série arménienne. On m’a proposé de jouer dans un biopic sur moi, et j’ai écrit un seul-en-scène. Grâce à Dieu, je n’ai guère le temps de gamberger.

