Clémentine Célarié : "Être violentée par un homme qu'on aime, c'est inimaginable"

Rédigé le 03/01/2026
Camille Sanson

Après Les Randonneuses, Fanny Riedberger vous offre une nouvelle fois un rôle qui fait écho à votre histoire personnelle. Vous jouez Delphine, une femme aisée, battue par son mari…

Clémentine Célarié . Ce qui a été formidable avec Fanny, c’est qu’elle a été ouverte aux propositions que je lui ai faites, sur des choses que j'ai vécues. Être violentée par un homme qu'on aime, c'est inimaginable. C'est très important de s'emparer d’un rôle comme ça de façon absolue, ne serait-ce que par respect pour toutes ces femmes, qui sont beaucoup plus nombreuses qu'on ne le croit. Et qui, souvent, ne disent rien. Moi, la première.

Effectivement, vous avez révélé avoir vous-même été victime de violences conjugales…

Moi, ça fait longtemps que ça m'est arrivé. Je n'en ai pas parlé au moment des faits, mais bien plus tard. D’abord parce qu’on se dit que ça n'a aucun intérêt, qu’on est nulles, responsables. On a honte. Il y a aussi les gens qui nous culpabilisent, avec cette grande phrase : " Pourquoi tu n’es pas partie ? " Et puis, on croit qu’on va le soigner et que ça va changer. J’avais complètement verrouillé ces violences dans un coin de ma tête. Quand j’ai vu Vivante(s) , l’extraordinaire documentaire de Claire Lajeunie, tout est remonté, comme un boulet de canon. Fanny m’a proposé ce rôle juste après, c’était dingue.

Clémentine Célarié : "J'ai refusé d'être doublée pour les scènes de violence"

Vous ne tarissez pas d’éloges sur Charles Berling, qui campe votre mari violent…

Il est exceptionnel. C'est très important pour moi de le préciser, car s'il n'avait pas été aussi généreux dans son jeu, ça n’aurait pas fonctionné. Il fallait vraiment un acteur qui ose devenir un monstre. Durant les scènes de violence, il était très peiné, très gêné, de faire ça. Il était très attentif envers moi et ne m’a jamais fait mal, évidemment. Moi, j’ai refusé d’être doublée. J’ai d’ailleurs découvert pendant ce tournage que le corps a une mémoire, ce qui est incroyable (…)

Une interview réalisée par Camille Sanson, à découvrir en intégralité dans le nouveau numéro de Télé 7 jours. Disponible dans les kiosques dès lundi.